Gestion de Crises (4) Des solutions. 3ème opus : présentation d’un outil, le RETEX.

En guise d’article de conclusion au thème « gestion de crises » que j’aborde depuis trois semaines, un article sur le retour d’expérience également appelé RETEX. Emmanuelle Hervé nous y explique que si la plupart des entreprises sont frileuses à mettre en pratique le retour d’expérience, il s’agit pourtant d’une méthode précieuse, qui, empruntée à l’armée, permet d’apprendre de ses erreurs

Pour aller plus loin, vous pouvez :

  • lire p.94-99, Chapitre 2, « La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et Positionnement. »

Nous y présentons le RETEX comme est un outil de gestion des risques « hors contrôle ».

Comme d’autres outils de gestion des connaissances tels que l’apprentissage, l’analyse rétrospective d’accidents et d’erreurs, il permettra la mise en place d’une démarche de gestion des risques globale, à la fois technique et socio-cognitive. Il permettra aux Risk Managers d’avoir l’appui des opérationnels et d’acquérir une légitimité cognitive.

https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html

  • écouter le webinaire « Destination RETEX » lors duquel Emmanuelle Hervé et ses invités Loïc Finaz et Sébastien Duflot, amiral et pilote, reviennent sur cet outil.  
    https://www.youtube.com/watch?v=MQzvHxaL3Rc

Le RETEX

De la crise sanitaire aux cyberattaques, les entreprises ont été sujettes ces derniers mois à une résurgence de crises en leur sein. Dans ce contexte, il est primordial pour l’organisation d’effectuer une mise au point sur la réponse apportée à une crise, avant d’entamer une nouvelle page. Organiser un « retour d’expérience », aussi appelé RETEX avec ses équipes, est une étape importante afin d’effectuer un travail d’introspection, observer ce qui a été fait et faire preuve de résilience.

RETEX, de quoi s’agit-il ?

Le RETEX est une démarche visant à mesurer l’efficacité de la mise en œuvre du processus de gestion de crise et des messages délivrés. Elle permet de : repérer les points positifs et de capitaliser sur ceux-ci ; et d’identifier des axes d’améliorations et les actions à mettre en place pour les corriger. Cette démarche est difficile à conduire et demande courage et honnêteté. Son objectif est d’aligner la vision de la crise entre tous les membres de l’équipe, de reconnaitre le travail de chacun, les compétences des collaborateurs pendant la crise et de garder une trace écrite de tous ces enseignements pour qu’elle puisse être utilisée lors de la prochaine crise et surtout par une autre équipe.

Des professionnelles du RETEX doivent vous accompagner lors de votre processus de reconstruction après une crise :  le RETEX étant l’une des étapes pour y parvenir, il est une procédure recommandée et même indispensable, à effectuer après une crise. Il permet de renforcer les liens entre les partenaires, de libérer la parole des employés, de mesurer l’efficacité des actions qui ont été entreprises et d’identifier les points négatifs afin de proposer les axes d’amélioration et d’en déduire un plan d’action. Il s’agit d’une étape clef dans la constitution d’une culture de la gestion de crise au sein de son organisation, à effectuer après toute crise, réussie ou non.

On va en fait capturer l’expérience acquise par les personnes pendant la crise et la transférer dans l’organisation afin d’en augmenter sa résilience. L’idée est de rendre l’organisation indépendante du savoir-faire intuitae personae.

Le RETEX ne s’improvise pas !

C’est un travail structuré, mais qui n’est pas exempt de difficultés. Une gestion de crise peut être influencée par certains biais cognitifs tels que :

  • Le modèle mental (avoir la même réaction face à toutes ses crises)
  • Le biais de croissance exponentielle (s’éloigner de la prise de conscience de la crise en minimisant une situation)
  • L’endo-groupe, apprendre de l’expérience des autres (penser que la crise qui arrive aux autres ne peut pas nous atteindre et la sous-estimer)
  • Le biais d’excès de confiance (faire confiance à nos estimations et s’y tenir malgré qu’on puisse les surestimer ou les sous-estimer..
  • Le biais social ou le biais d’imitation (être influencé par le comportement des uns et des autres)

Les personnes au sein d’une entreprise ayant eu à gérer une crise, ont donc pu être influencées par l’un ou plusieurs de ces biais et ne peuvent pas objectivement effectuer un retour d’expérience. La richesse d’un RETEX viendra de la confrontation des perceptions de la crise et de la réponse apportée, la nuance se situera dans les contradictions, il faut pour cela multiplier les points de vue : interroger les gestionnaires de crise mais également les « utilisateurs finaux », les salariés, comparer avec les productions écrites, etc.

Pour ce faire, mieux vaut faire appel à des professionnels de la gestion de crise pour vous aider (ils auront ainsi un œil extérieur et bienveillant) et vous garantir que l’exercice sera bien perçu par vos collaborateurs et vos parties prenantes.

L’équipe RETEX EH&A est ainsi régulièrement consultée comme acteur extérieur pour effectuer cet exercice. Disponible pour répondre à vos besoins, nous collaborons avec des petites et grandes entreprises dans l’élaboration de leur stratégie de réponse à la crise.

Emmanuelle Hervé

21 avril 2021  

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