Archives pour la catégorie environnement

Le risque devenu variable stratégique de la réflexion organisationnelle des entreprises sous l’effet de cinq facteurs. Illustration sur le risque climatique.

Après avoir défini le risque climatique (blog 28 mai), nous avons illustré le 3ème facteur d’élargissement du domaine du risque (difficultés à assurer le risque climatique) (blog 4 juin), nous illustrons le 5ème facteur : le rôle du régulateur-législateur (https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html) et les condamnations qui commencent à arriver.

APRÈS LA CONDAMNATION DE SHELL AUX PAYS-BAS, LES LITIGES CLIMATIQUES DEVIENNENT UN VRAI RISQUE POUR LES ENTREPRISES

Le 26 mai dernier, Shell a été condamné par un tribunal néerlandais à rehausser ses ambitions climatiques. Cette condamnation encourage les ONG écologistes du monde entier à suivre cette voie judiciaire pour faire bouger les majors pétrolières. Un risque que tous les secteurs identifiés comme polluants prennent désormais au sérieux. 

C’est une « immense victoire », un « jugement historique ». Les réactions se multiplient depuis le 26 mai, date à laquelle un tribunal néerlandais a condamné Shell à réduire ses émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 par rapport à 2019. « Cette décision va dans le sens de l’histoire qui veut que les sociétés s’engagent, mais pas à la légère », décrypte l’avocat en droit de l’environnement, Arnaud Gossement. Les juges néerlandais ont considéré que les engagements de Shell ne sont pas assez ambitieux pour répondre aux objectifs de l’Accord de Paris. Seuls des États avaient été condamnés pour leur manque d’ambition climatique. Le premier ayant justement été les Pays-Bas attaqués par l’ONG Urgenda.

« Les contentieux contre les entreprises sont encore plus puissants que ceux visant les États« , estime Arnaud Gossement. « Pour elles, la réaction est immédiate. Elles doivent faire face à une baisse des cours en Bourse, à la méfiance des investisseurs, au risque juridique… La pression est plus forte et plus rapide« , analyse l’avocat. Pour l’instant, les entreprises sont relativement épargnées par les recours juridiques sur le climat. Sur les 1 824 litiges climatiques portés devant les tribunaux depuis les années 1990, seul un quart concerne les entreprises, selon la base de données Grantham Institute on Climate Change and the Environnement de la London School of Economics.

Cette condamnation montre la voie à suivre

On retrouve ainsi la plainte de l’ONG ClientEarth contre la centrale électrique polonaise Belchatow. La poursuite du groupe agroalimentaire Casino par plusieurs ONG, dont des Françaises, pour son rôle dans la déforestation et l’accaparement de terres des peuples autochtones en Amérique du Sud. La plainte de Greenpeace demandant à l’entreprise PGE Polska Grupa Energetyczna de stopper ses investissements dans les énergies fossiles en vertu de la protection de l’environnement. Dans le détail, 32 plaintes concernent des producteurs d’énergies fossiles. Mais selon plusieurs experts, la condamnation de Shell devrait faire exploser ce type de recours contre les entreprises et particulièrement les majors pétrolières. 

Cette décision « ouvre la voie sur le terrain de la responsabilité climatique des multinationales pétrolières », croient ainsi Sébastien Mabile et François de Cambiaie. Les deux avocats sont en charge du dossier qui oppose un collectif d’associations et de collectivités, dont Notre affaire à tous, à Total. Ces dernières ont assigné en justice le pétrolier pour qu’il rehausse ses ambitions climatiques en s’appuyant sur son devoir de vigilance, une obligation faite aux entreprises de prévenir les risques sociaux, environnementaux et de gouvernance. « Ce litige est très similaire à celui de Shell. Un tel jugement aura des répercussions devant les tribunaux français« , croient les deux avocats.  

Pression sur les secteurs carbo-intensifs

« Partout, les gens sont prêts à poursuivre les compagnies pétrolières dans leur propre pays, en suivant notre exemple », estime même Roger Cox, avocat de l’association Milieudefensie. Et pour cause, Paul Mougeolle, de Notre Affaire à tous, prévient : « Si les entreprises ne prennent pas acte de ce jugement, nous multiplierons les moyens judiciaires pour faire reconnaître cette décision en France ». Le but, pour les associations, est surtout de pousser les multinationales à revoir leurs ambitions à la hausse, sans pour autant attendre le jugement du tribunal, en exerçant notamment une pression médiatique et réputationnelle.

Et ce phénomène pourrait s’étendre à d’autres secteurs. Un dirigeant d’une compagnie aérienne a ainsi déclaré au Financial Times que la décision de Shell était prise au sérieux. « En privé, les hauts responsables des industries polluantes admettent que la pression pour accélérer les réductions d’émissions augmente », écrit le journal britannique. Mais attention à ce que les actions judiciaires ne deviennent pas le seul levier dans la lutte climatique, prévient Arnaud Gossement. « Le temps judiciaire, très lent, n’est pas celui du changement climatique », argue-t-il.

Marina Fabre

RIsque climatique et Assurances.

Aujourd’hui, illustration de ce que j’appelle (dans l’ouvrage « La Fonction Risk Manager. Organisation. Méthodes et Positionnement ») le 3ème facteur d’élargissement du domaine du risque à savoir la difficulté à assurer le risque climatiqueDe la nécessité de mettre en place une démarche de gestion des risques globale de type ERM.

https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html

Je vous propose de lire sur ce sujet la Tribune de Jérôme Bergé parue dans Le Monde le 19 mai 2021.

Jérôme Bergé, expert en gestion des risques, rend compte dans une tribune au « Monde » du « stress test climatique » alarmant mené par l’autorité de supervision des banques et des assurances

Le paysage actuel de l’assurance pourrait connaître un bouleversement complet face au risque climatique

« L’ Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui supervise l’activité des banques et des assurances en France, a publié le 4 mai 2021 le bilan d’un exercice inédit, qui visait à évaluer les risques associés au changement climatique d’ici à 2050. Pendant un an, neuf groupes bancaires et quinze groupes d’assurance ont participé à cet exercice pour déterminer leur résistance aux changements climatiques.

Cette étude annonce en particulier une hausse importante de la sinistralité liée aux risques de sécheresse, d’inondations et de tempêtes cycloniques dans les territoires ultramarins, avec la multiplication par 5 à 6 du coût des sinistres dans certains départements. Il pourrait en résulter un retrait des assureurs des zones géographiques les plus exposées.

La situation décrite par l’ACPR est d’autant plus inquiétante que les chiffres de l’année 2020 en lien avec des événements climatiques sont déjà relativement élevés. Ainsi, la tempête Alex (du 30 septembre au 3 octobre 2020), avec des pluies diluviennes, a dévasté la vallée de la Roya pour un coût estimé à 200 millions d’euros par les assureurs. La période janvier-août 2020 a été la plus chaude jamais observée en France depuis le début des mesures météorologiques ; l’impact financier de la sécheresse s’élèverait à plus de 500 millions d’euros.

Optimiser la prévention contre les risques

Pour couvrir ce surplus de sinistres, les assureurs pourraient procéder à une augmentation des primes. Mais le coût des sinistres liés aux changements climatiques s’annonçant vertigineux, l’augmentation des primes le serait également. Le rapport évoque une hausse comprise entre 130 % et 200 % sur 30 ans selon la catégorie, soit une hausse des primes d’assurance comprise entre 2,8 % et 3,7 % par an. La question de l’acceptabilité par la population pourrait alors se poser, et bousculer le système traditionnel qui voit dans l’assureur un partenaire incontournable face à un sinistre.

Les pouvoirs publics doivent optimiser la prévention contre ces risques, même si un travail de fond a déjà été engagé depuis plusieurs années. Pour les inondations, la construction de digues est une solution efficace, tout comme les systèmes d’alerte qui informent la population en amont de l’arrivée imminente d’une catastrophe. Il faut maîtriser le développement et l’aménagement des zones considérées à risques, en particulier dans les zones densément peuplées. Dans le bâtiment, les normes doivent évoluer pour obtenir une meilleure résistance aux événements climatiques. Dans tous les cas, le renforcement des dispositifs de gestion de crise sera un élément-clé.

Le taux de pénétration des couvertures d’assurance dans la population est déterminant pour le redressement qui suit une catastrophe naturelle. Un rapport publié en septembre 2020 par Axa XL en collaboration avec le Centre for Risk Studies de la Judge Business School (Cambridge) indique que dans les pays où l’assurance est développée, comme l’Europe occidentale, le délai de retour à la normale est inférieur à un an, alors qu’il est supérieur à quatre ans dans les pays faiblement assurés.

La pertinence de l’assurance est incontestable lors d’un événement majeur, il est donc primordial de veiller à ce que la population française soit toujours assurée de manière satisfaisante. Néanmoins, une augmentation des primes pourrait éloigner la population de l’assurance et ouvrir la voie à une précarité sociale et économique lors de la survenance d’un sinistre. Un habitat abîmé qui ne serait pas rénové rapidement pourrait devenir insalubre, et entraîner la paupérisation d’une famille.

Pour les entreprises, il est déterminant d’agir dans un laps très court pour maintenir la relation client, la chaîne d’approvisionnement et la confiance des salariés. Sans assurance, l’écosystème de l’entreprise est fragilisé. Si le sinistre touche une zone géographique importante, le chaos peut vite s’installer si les assurances n’interviennent pas. Il en est de même pour le montage de grands projets d’investissements.

Avec un coût d’assurance exorbitant, les événements sportifs, la construction d’immeubles ou d’infrastructures se trouveraient fragilisés, car l’assurance est un facteur-clé pour finaliser le financement du projet. Le paysage actuel de l’assurance pourrait connaître un bouleversement complet dans les années à venir. Il n’est jamais trop tard pour agir, même si le temps est compté. L’Etat doit appuyer avec vigueur la recherche pour faire émerger des solutions innovantes et limiter l’impact des catastrophes naturelles. L’Union européenne doit être partie prenante de ces réflexions, car tous les pays seront confrontés peu ou prou à des situations identiques. »

Jérôme Bergé

risque climatique. Classement. Definition. Elargissement du Domaine du Risque. NOUVEAU RISQUE.

Programme sur 4 semaines.

Aujourd’hui, 28 mai 2021 : classement / définition / lecture du risque climatique à partir des cinq facteurs d’élargissement du domaine du risque / illustration du premier facteur d’élargissement à travers la lecture de l’article « Les risques environnementaux pèsent lourds sur les chaînes d’approvisionnement…Et ce sont les consommateurs qui paient. » 28 mai 2021.

La semaine prochaine : illustration du 3ème facteur avec les difficultés à assurer le risque climatique.

Les deux suivantes : gestion du risque climatique ; ses interactions avec la RSE ; comment transformer le risque climatique en opportunité ?

Le risque climatique dans le Top 10 des risques.  

Le changement climatique est dans le top 10 des risques cités par les entreprises dans le baromètre des risques 2021 de l’assureur Allianz. Il baisse passant à la 9e place. La lutte contre le changement climatique n’en reste pas moins une priorité, puisque 2020 a été, ex æquo avec 2016, l’année la plus chaude jamais enregistrée. « Maintenant que la campagne de vaccination contre la Covid-19 est lancée, le changement climatique doit revenir à l’ordre du jour des conseils d’administration en 2021, souligne Michael Bruch, directeur mondial ESG chez AGCS. De nombreuses sociétés doivent adapter leur activité à un monde à faible émission de carbone et les gestionnaires de risques doivent être au cœur de cette transition. »

Une définition

Le risque climatique constitue une catégorie spécifique du risque environnemental au regard de l’amorçage entropique de l’effet de serre par l’activité humaine, principalement les modalités et les volumes actuels de production et de consommation. Ses caractéristiques en font un risque global, aux effets à court, moyen, long et très long terme.

Voir ou revoir le Podcast Chubb sur le risque écologique / sur le blog – Catégorie Risques – Rubrique Risque Environnemental – ou dans les archives septembre 2020.

Elargissement du domaine du risque. Un risque nouveau/potentiel, objectif/subjectif, difficile à assurer, sur le devant de la scène (législateur, médias, affaires).

Lire ou relire les articles sur l’élargissement du périmètre du RM / sur le blog – Catégorie Risques – Rubrique Risque Environnemental – ou dans les archives juin et juillet 2019.

En 30 ans (1990-2020) le risque est devenu une variable stratégique de la réflexion des entreprises sous l’effet de 5 facteurs.

A retrouver en détail dans l’ouvrage ‘La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et Positionnement »

https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html

Le risque climatique s’inscrit dans cette évolution.

 (1) L’apparition de nouveaux risques avec la multiplication de qualificatifs venus en préciser la nature : environnemental et climatique par exemple. Les entreprises doivent faire face à des risques potentiels plus difficiles à cerner car ils sortent du champ de compétences des experts.

(2) Est ensuite apparue l’idée d’une perception du risque différente selon les individus ou les niveaux dans l’entreprise ; la subjectivité intervient aussi dans la relation de l’entreprise avec les acteurs de la société civile. Elle oblige les entreprises à en tenir compte dans l’évaluation des risques et dans les relations qu’elles entretiennent avec les acteurs de la société civile. Une approche exclusivement objective des catastrophes naturelles (tempêtes, sécheresses, par exemple) ne donnerait qu’une vision partielle, voire erronée de la situation. Les entreprises doivent dorénavant impliquer les acteurs, intégrer les facteurs d’environnement susceptibles d’influencer cette perception (les médias, par exemple) et tenir compte des valeurs et des attentes grandissantes des parties prenantes.

(3) Les entreprises sont amenées à gérer elles-mêmes ces nouveaux risques du fait de la réticence des compagnies d’assurance à les prendre en charge : comment continuer à croire qu’il n’y a pas un « trou énorme » entre la protection des assurances et ce dont les entreprises ont besoin pour couvrir les coûts du risque climatique.

(4) Les « affaires » participent également à cette extension du domaine du risque. Les affaires (contentieux climatique visant le groupe Total par exemple) renforcent l’exigence de conditions nouvelles de transparence des risques de la part des entreprises.

(5) Enfin, depuis 2004, le régulateur, le législateur et les médias ont contribué à la diffusion de l’image d’un monde plus risqué et l’ont amplifiée. Principe de précaution. Article 16 du projet Loi sur le dérèglement climatique intègre ainsi le sujet de la transition écologique parmi les attributions du comité social et économique. Selon cet article, qui n’est encore qu’en projet, chaque thématique faisant l’objet d’une procédure d’information et de consultation du CSE devra prendre en compte les conséquences environnementales des activités de l’entreprise. Il est ainsi proposé que la question de la transition écologique soit désormais pleinement intégrée aux missions du CSE.

De leur côté, les médias amplifient la notion de responsabilité du dirigeant en cas de négligence, et surtout les logiques de compensation.

Face ces deux amplificateurs de risques que sont le régulateur-législateur et les médias, les entreprises sont scrutées.

Nous proposons d’illustrer le premier facteur d’élargissement à travers la lecture de l’article « Les risques environnementaux pèsent lourds sur les chaînes d’approvisionnement…Et ce sont les consommateurs qui paient. »

La semaine prochaine : illustration du 3ème facteur avec les difficultés à assurer le risque climatique.

Les deux suivantes, nous aborderons la gestion du risque climatique et ses interactions avec la RSE / Et comment transformer le risque climatique en opportunité.

LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX PÈSENT LOURDS SUR LES CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT… ET CE SONT LES CONSOMMATEURS QUI PAIENT

Le changement climatique et la perte de biodiversité ont un coût financier pour l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale, souligne un rapport du CDP. Il en coûtera 120 milliards de dollars supplémentaires aux entreprises d’ici 2026, selon l’organisation qui collecte les données environnementales (climat, forêt, eau) de 8 000 fournisseurs. L’industrie manufacturière, l’alimentation et la production seraient les plus touchées.

Inondations marchandises supply chain iStock tieroLe CDP estime que les risques environnementaux pourraient coûter directement 120 milliards de dollars supplémentaires aux grandes entreprises via leur chaine d’approvisionnement.

Pour les cinq prochaines années, l’impact financier du changement climatique, de la déforestation et de l’insécurité hydrique va coûter très cher aux entreprises selon le CDP. Dans son rapport Transparency to transformation : a chain reaction, l’organisation estime ce montant à 1 260 milliards de dollars dont 120 milliards d’euros dus uniquement aux chaînes d’approvisionnements. Pour parvenir à ce montant, CDP a analysé les données environnementales de 8 000 fournisseurs mondiaux.

Le poids de ces derniers est en effet majeur. Ceux-ci peuvent voir leur production stoppée ou retardée par l’augmentation de la gravité et de la fréquence des cyclones et des inondations, subir une hausse du coût des matières premières. Les plus gros acheteurs sont touchés comme L’Oréal, Walmart ou Unilever.

Ces coûts se répercuteront certainement sur les consommateurs, prévient le CDP. « La plupart des chaînes d’approvisionnement fonctionnent avec des marges bénéficiaires très étroites, l’augmentation des coûts devrait être répercutée le long de la chaîne dans un effet domino pour leurs acheteurs« , souligne Maxfield Weiss, le directeur exécutif intérimaire de CDP Europe. Qui ne se risque toutefois pas à donner un ordre de grandeur.

Plus de transparence pour mieux gérer les risques

Les secteurs les plus concernés sont l’industrie manufacturière (64 milliards de dollars), l’alimentation, les boissons et l’agriculture (17 milliards de dollars) ainsi que la production d’électricité (11 milliards de dollars). Certains ont déjà bien identifié le problème et demandent plus de transparence et d’actions de la part de leurs fournisseurs. Sur le climat par exemple, les émissions de gaz à effet de serre de la supply chain sont en moyenne 11,4 fois plus élevées que les émissions directes de l’entreprise. Dans le commerce de détail (magasin de vêtements ou supermarchés), c’est 28 fois plus !

8 000 fournisseurs divulguent désormais leurs émissions de gaz à effet de serre, le volume des matières premières (soja, bois, huile de palme, chocolat ou café…) issues de pays à risques de déforestation ou leur consommation d’eau. Mais les données sont encore trop peu nombreuses et qualitatives pour opérer une gestion des risques réellement efficace et une transformation des business models souligne le CDP.

Dommage car les actions menées chez les fournisseurs peuvent être source d’un « avantage concurrentiel » pour l’ensemble de la chaîne, assure Maxfield Weiss. Le rapport montre que les mesures d’efficacité énergétique des fournisseurs ont permis aux entreprises d’économiser 619 millions de tonnes de CO2 et 33,7 milliards de dollars rien qu’en 2020.

Béatrice Héraud, 

Préjudice écologique et responsabilité environnementale, quelle responsabilité pour l’entreprise ?

Pour continuer sur les risques environnementaux des entreprises.
Pollution de l’air ou de l’eau, dépollution d’un site… Les atteintes à l’environnement sont de plus en plus présentes.

Trop souvent sous-estimés, complexes, longs et onéreux à réparer…

Face au risque écologique, quelle responsabilité pour l’entreprise et ses dirigeants ?

En pleine actualité Lafarge – pollution de la Seine – (voir article de la semaine dernière), je vous propose pour en savoir plus sur le risque environnemental un podcast éclairant.
Ecoutez sur ce sujet le Responsable des risques environnementaux de Chubb.  

Ecouter le podcast

chubb.com

Risque EnVIRONNEMENTAL. DEFINITION. ILLUSTRATION : LAFARGE

<p value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><strong>Pourquoi le risque devient-il une variable centrale de la réflexion organisationnelle des entreprises ?</strong>Pourquoi le risque devient-il une variable centrale de la réflexion organisationnelle des entreprises ?

Il le devient sous l’effet de cinq facteurs.

Le premier est l’élargissement du domaine de la gestion des risques Au début des années 1990, de nouveaux risques voient le jour : les changements technologiques dans le système d’informations font partie des premiers cités par les entreprises. Des qualificatifs viennent préciser la nature du risque : aux risques traditionnels (incendie, inondation…) s’ajoutent le risque éthique, le risque environnemental.

Encadré 3 – Le risque éthique  

L’éthique peut être définie comme la mise en pratique quotidienne des valeurs de l’entreprise et plus largement le respect des valeurs humaines et sociétales. Elle a pris de plus en plus de place dans les cursus universitaires comme dans le discours des hommes politiques et des entrepreneurs qui la déclinent en : (1) développement durable en matière d’environnement ; le risque éthique est alors proche du risque environnemental ; (2) gouvernance ; il s’agit alors de respect des engagements pris, de transparence et ouverture aux besoins de l’environnement dans lequel opère l’organisation, de prise en compte des parties prenantes (actionnaires et autres)[1]. Ainsi le niveau éthique d’une entreprise sera celui de ses dirigeants et de ses salariés, se traduisant par une pratique commune et cohérente avec les valeurs affichées.

En pratique, cette considération se traduit notamment par la capacité de la gestion des risques à amener le débat sur des risques sous-estimés : le risque de corruption, de conflits d’intérêt, le risque de fraude interne, le risque de blanchiment des capitaux, le risque de dérive des prestations externalisées, le curseur que l’entreprise doit mettre sur sa sécurité au travail.

Source : extrait La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et Positionnement ; p. 30 ; Aubry C et Dufour N.

C’est à ce risque que l’entreprise Lafarge est aujourd’hui confrontée.

Ouverture d’une enquête après une « suspicion de pollution » de la Seine par Lafarge

Europe 1 révèle que l’entreprise a laissé s’écouler des boues polluées au ciment et au plastique dans la Seine. Pour l’Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique, cette pollution est volontaire. La Mairie de Paris a annoncé qu’elle allait porter plainte.

Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête à l’encontre du cimentier français Lafarge, pour « suspicion de pollution de la Seine par une entreprise de travaux publics ».L’industriel a laissé s’écouler dans la Seine, en plein Paris, des boues polluées au ciment et au plastique : un « incident » reconnu par l’entreprise, qui toutefois nie le caractère volontaire de cette pollution dénoncé par une association, rapporte Europe 1 mardi 1er septembre.

La Mairie de Paris a annoncé qu’elle allait porter plainte contre Lafarge. « C’est un véritable scandale écologique, alors que nous travaillons avec nos partenaires depuis de nombreuses années pour améliorer la qualité du fleuve. La Ville de Paris va saisir le procureur de la République pour ces faits graves qui portent atteinte à notre environnement », a réagi Anne Hidalgo, la maire de Paris, sur Twitter.

Près du ministère de l’économie, dans le 12e arrondissement de la capitale, le cimentier Lafarge dispose d’un entrepôt sur les quais de Seine. Sur une vidéo publiée par Europe 1, on voit un camion à béton vider sa cuve dans une autre cuve sur le quai, mais celle-ci est percée et laisse s’écouler une eau blanchâtre dans le fleuve parisien. Selon la radio, ce qui s’échappe est « un mélange liquide de particules de ciment et de tiges en plastique ».

« Clairement, c’est volontaire. Dans ces cuves, ce sont toutes les eaux et les restes de béton fabriqué dans la journée qui reviennent dans les camions en fin de journée, dénonce à Europe 1 Jacques Lemoine, agent de développement de l’Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA). Ensuite, la société est censée traiter ses déchets. »

Lafarge plaide l’erreur

L’Office français de la biodiversité, une agence de l’Etat, a porté plainte pour cette pollution environnementale, assure la radio, et des constats ont été effectués par la police, qui a transmis l’affaire à la justice. Lafarge déplore auprès d’Europe 1 « un incident tout à fait exceptionnel et indépendant de sa volonté » et se dit « victime d’une détérioration manifestement délibérée d’une plaque d’étanchéité qui a entraîné un écoulement temporaire d’eau recyclée dans la Seine ». L’entreprise compte également porter plainte.

Mais pour l’AAPPMA, cette pratique est ancienne ; ses membres ne croient pas à la non-implication de l’entreprise, récemment fusionnée avec le suisse Holcim, devenue LafargeHolcim. Pour l’AAPPMA, cette pollution « étouffe les poissons et pollue les algues ».

En mars 2020, une filiale du groupe Vinci avait été condamnée à 90 000 euros d’amende – dont 40 000 avec sursis – pour avoir déversé, « de manière accidentelle »« de l’eau grise chargée de sable et de traces de ciment désactivé » dans la Seine, en aval de Paris. L’entreprise avait été condamnée dans le cadre d’une procédure de « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ».

Le Monde


[1] Selon Freeman (1984), une partie prenante désigne un groupe ou un individu qui peut affecter ou est affecté par la réalisation des objectifs de l’organisation.

Merci de m’avoir permis de décrire dans une tribune au « Monde » les facteurs qui ont placé les risques, la gestion des risques et la Fonction Risk Manager au cœur de la stratégie des entreprises. Pour en savoir plus, voir l’ouvrage « La Fonction Risk Manager. Organisation, méthodes et positionnement » que j’ai co-écrit avec Nicolas Dufour ; paru en avril 2019 aux Editions Géreso.

Le Monde (site web)

vendredi 18 octobre 2019 – 14:00

Incendie de Rouen : « L’actualité témoigne de l’élargissement de la nature et de l’ampleur des risques »

Caroline Aubry, enseignante en gestion du risque, décrit dans une tribune au « Monde » les facteurs qui ont placé cette discipline au cœur de la stratégie des entreprises.

Tribune. L’actualité récente témoigne de l’élargissement de la nature et de l’ampleur des risques, qui fait aujourd’hui de sa gestion une variable stratégique de la réflexion des entreprises. Les cyber-attaques subies par Airbus ces derniers mois appartiennent à la catégorie des risques nouveaux ; le cyber-risque est d’ailleurs le premier cité par les entreprises dans le baromètre des risques de l’assureur Allianz.

L’incendie de l’usine Lubrizol, le jeudi 26 septembre, n’est pas qu’un risque « traditionnel » d’incendie ; il s’agit d’un risque éthique dans sa dimension de développement durable. La plainte déposée le 26 septembre par la Fédération Internationale pour les droits humains contre BNP Paribas et ses anciens dirigeants, pour complicité de torture, crimes contre l’humanité, génocide, blanchiment et recel au Soudan, est un risque éthique dans sa dimension de gouvernance : respect par l’entreprise des engagements pris, transparence et ouverture aux besoins de l’environnement dans laquelle elle opère, prise en compte des parties prenantes, les actionnaires et tous les groupes ou individus qui peuvent affecter ou être affectés par la réalisation de ses objectifs.

Les entreprises doivent faire face à des risques potentiels plus difficiles à cerner car ils sortent du champ de compétences des experts. Depuis trente ans, ces facteurs les ont conduites à mettre en place une démarche globale de gestion des risques, nommée « Enterprise-Risk-Management » (ERM) par les Anglo-Saxons ; ils ont contribué à la création d’une fonction dédiée à la gestion des risques.

Anxiété collective

L’élargissement du domaine de la gestion des risques s’est amorcé dans les années 1990 avec l’apparition de nouveaux risques issus des changements technologiques. Il s’est poursuivi avec la multiplication de qualificatifs venus en préciser la nature : éthique, environnemental, social, de gouvernance, de réputation, etc.

Est ensuite apparue l’idée d’une perception du risque différente selon les individus ou les niveaux dans l’entreprise. Cette perception est en effet fortement liée aux caractéristiques individuelles de l’acteur, sa personnalité, son histoire, ses préjugés, son exposition au risque…

L’élargissement du domaine de la gestion des risques s’est amorcé dans les années 1990 avec l’apparition de nouveaux risques issus des changements technologiques

Cette subjectivité intervient aussi dans la relation de l’entreprise avec les acteurs de la société civile. Par exemple, l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en septembre 2001 a généré en France un état d’anxiété collective, accentué par la vigilance nouvelle des acteurs de la société civile qui ont pris conscience de ces vulnérabilités ; les populations habitant à proximité d’installations classées Seveso ont une perception accrue du risque.

Une approche exclusivement objective de l’incendie de l’usine Lubrizol ne donnerait qu’une vision partielle, voire erronée de la situation. Les entreprises doivent dorénavant impliquer les acteurs, intégrer les facteurs d’environnement susceptibles d’influencer cette perception (les médias, par exemple) et tenir compte des valeurs et des attentes grandissantes des parties prenantes. La communication devient essentielle, le risque de réputation, risque subjectif par excellence, devient le « cauchemar » des directions générales.

Réticence des compagnies d’assurance

Les entreprises sont amenées à gérer elles-mêmes ces nouveaux risques du fait de la réticence des compagnies d’assurance à les prendre en charge : comment continuer à croire qu’il n’y a pas un « trou énorme » entre la protection des assurances et ce dont les entreprises ont besoin pour couvrir, par exemple, le coût de cyber-attaques répétées, ou celui d’une catastrophe environnementale comme celle de l’usine Lubrizol ?

La référence « tous azimuts » à ce principe de précaution au contenu peu structurant contribue à l’installation de l’illusion du risque zéro

Les « affaires » participent également à cette extension du domaine du risque. Les affaires Maxwell (1991), Enron (2001), Vivendi (2002)… ont débouché sur l’exigence de conditions nouvelles de transparence des risques de la part des entreprises. Lubrizol, Volkswagen et le Dieselgate, Renault-Nissan et l’incarcération de Carlos Ghosn, Lactalis et le lait contaminé, pour ne citer que les affaires les plus médiatiques, renforcent cette exigence.

Enfin, depuis 2004, le régulateur, le législateur et les médias ont contribué à la diffusion de l’image d’un monde plus risqué et l’ont amplifiée. Prenons le principe de précaution, pilier de la « soft law » adoptée par les entreprises : la référence « tous azimuts » à ce principe au contenu peu structurant (car il n’offre aucun modèle d’action prédéfini) contribue à l’installation de l’illusion du risque zéro ; le seuil d’acceptabilité du risque par les parties prenantes diminue. De leur côté, les médias amplifient la notion de responsabilité du dirigeant en cas de négligence, et surtout les logiques de compensation.

Caroline Aubry est coauteur, avec Nicolas Dufour, de « La Fonction Risk Manager. Organisation, méthodes et positionnement » (Gereso édition, 250 pages, 25 euros).

Cet article est paru dans Le Monde (site web)

 

Focus sur le risque de pollution de l’air : qualité de l’air extérieur, qualité de l’air intérieur.

Le périmètre de gestion des risques des Risk Managers s’élargit. La transition écologique en fait désormais partie.

L’analyse des rapports financiers annuels révèle que les grandes entreprises françaises sont parmi les plus impliquées en matière de RSE et notamment sur le sujet du risque lié au climat.

Je vous propose un focus sur le risque de pollution de l’air : qualité de l’air extérieur, qualité de l’air intérieur.

La qualité de l’air et l’impact de la pollution atmosphérique sont aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique et de qualité de vie : plus de 8 millions de décès prématurés dans le monde seraient causés par la pollution de l’air, dont 3,8 attribués à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations, selon l’OMS.

Description du risque

UNE POLLUTION “INVISIBLE” ET COMPLEXE

La pollution de l’air se caractérise par la contamination de l’environnement intérieur ou extérieur par un agent chimique, physique ou biologique qui modifie les caractéristiques naturelles de l’atmosphère.

Mesurée par une combinaison de méthodes chimiques et électroniques, la qualité de l’air est évaluée via une surveillance régulière. Des capteurs et analyseurs, de plus en plus performants, sont reliés à un système informatique enregistrant des valeurs à intervalles réguliers. Ces valeurs permettent de quantifier le taux de pollution de l’atmosphère de la zone surveillée.

En France, cette surveillance est réalisée, pour l’air extérieur, par un ensemble d’associations (Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air) réparties sur le territoire.

Selon l’Ademe, il n’y a pas de « frontière » entre la qualité de l’air extérieur (QAE) et la qualité de l’air intérieur (QAI) ; la QAI dépendant en partie de la QAE. Si des actions spécifiques doivent et peuvent être menées pour préserver ou améliorer la qualité de l’air intérieur, celles en faveur de la qualité de l’air extérieur agissent automatiquement sur la qualité de l’air intérieur.

UN ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE

La pollution de l’air est l’un des principaux risques environnementaux à l’échelle mondiale. Selon l’OMS; elle aurait causé plus de 8 millions de décès prématurés dans le monde, en 2016, ce qui en fait le quatrième facteur de risque de mortalité dans le monde. Par ailleurs, l’air intérieur aux bâtiments n’est pas moins pollué que l’air extérieur, alors que nous passons plus de 85% de notre temps dans un endroit clos.

L’étude Elabe pour Veolia, réalisée sur ce sujet en 2019, en France, en Belgique et dans l’agglomération de Shanghaï, est significative à cet égard : un Français sur deux ou encore plus de 60% des Belges comme des Shanghaiens sont surpris d’apprendre que nous sommes davantage exposés à la pollution de l’air à l’intérieur de notre logement et des bâtiments que nous fréquentons qu’à l’extérieur.

Impact du risque

LA POLLUTION DE L’AIR ET SES CONSÉQUENCES, EN QUELQUES CHIFFRES

Chiffres actuels (source OMS – 2018) :

  • 8 millions de décès dans le monde sont attribués en 2016 à la pollution de l’air => 4,2 millions de décès prématurés attribués à la pollution de l’air extérieur et 3,8 millions de décès prématurés attribués à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations.
  • 91% de la population mondiale vivait en 2016 dans des endroits où les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air n’étaient pas respectées.
  • En 2015, les coûts des soins de santé sont évalués à 21 Md$  et la pollution de l’air serait responsable de 1,2 milliards de jours de productivité perdus (« Les conséquences économiques de la pollution de l’air extérieur », OCDE – Septembre 2016)

Prévision 2060 :

  • Jusqu’à 9 millions de décès prématurés par an (Source IHME : Institute for Health Metrics and Evaluation)
  • La pollution de l’air pourrait coûter jusqu’à 1% du PIB mondial en 2060 (l’impact sur la productivité du travail, sur les dépenses de santé et sur le rendement des cultures agricoles impliquerait une augmentation progressive des coûts économiques globaux qui atteindraient 1 % du produit intérieur brut mondial) (Source OCDE)
  • Chaque année, les coûts des soins de santé prévus s’élèveraient à 176 Md$ et l’impact sur la productivité serait évaluée à 3,7 milliards de jours perdus (« Les conséquences économiques de la pollution de l’air extérieur », OCDE – Septembre 2016)

Exemple de gestion du risque de qualité de l’air : plans d’actions (Veolia)

  • contrôle des émissions atmosphériques de nos technologies d’incinération des déchets dangereux,
  • maîtrise des odeurs émises par les stations de traitement des eaux usées,
  • audit et mesure de la qualité sanitaire des flux d’eau et d’air des bâtiments.

Le périmètre d’activité des Risk Managers ne cesse de s’élargir

Les Risk Managers travaillent de plus en plus sur tous les risques, soit une « identification des risques à 360°. » 

Que vient faire un directeur des risques dans une table ronde sur la transition écologique ?

Le changement climatique génère trois types de risques majeurs pour les entreprises :

1) les risques de responsabilité si elles ne sont pas capables de tenir leurs engagements de réduction drastique de leur impact environnemental et de réalisation de l’objectif zéro carbone.

2) les risques d’adaptation, car le dérèglement climatique à proprement parler n’est plus un risque mais une certitude dont nous ressentons déjà des effets. Les entreprises multinationales seront exposées à des aléas de plus en plus fréquents dans l’ensemble de leur chaîne logistique et doivent considérablement améliorer la résilience de leurs activités.

3) plus difficiles à appréhender, les risques de transition, liés aux changements profonds de l’écosystème dans laquelle l’entreprise évolue et leurs conséquences sur le modèle de croissance de l’entreprise. Aucune entreprise ne sera à l’abri de ces mutations.

Les directions des risques jouent un rôle essentiel pour sensibiliser les dirigeants des grandes entreprises sur ces risques, les aider à formuler des scénarios pertinents à moyen et long terme, et à les pousser à l’action pour prévenir les risques, et exploiter les opportunités de développement qui se présentent.

L’ampleur du changement climatique, tout comme la rapidité de la révolution numérique, nous forcent à revoir le mode de fonctionnement de nos entreprises.

Face à des incertitudes croissantes et des discours anxiogènes, la tentation de se replier sur les certitudes du passé est grande. Nous devons au contraire entretenir le dialogue avec les parties prenantes, faire confiance à notre intelligence collective, faire preuve d’audace et privilégier la décision, dans le cadre d’une stratégie à long terme intégrant tous les enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

Nous devons prendre des risques calculés aujourd’hui pour éviter des conséquences incalculables demain.

Un grand merci à @brunepoirson et à l’ @Institut_CR pour cette rencontre !

Nouveau classement des risques par les entreprises. La cybersécurité arrive en tête.

Entreprises : quels sont les principaux risques pour 2019 ?

La cybersécurité arrive nettement en tête du classement selon une étude…

Par Claude Leguilloux

Publié le 12/09/2018 à 06h02

Les résultats de l’étude « Risk in Focus » sont disponibles ! Basée sur les réponses de plus de 300 professionnels de l’audit interne travaillant dans des organisations à travers l’Europe, l’enquête cartographie les 10 principaux risques auxquels les entreprises des secteurs privé et public devraient être confrontées en 2019…

Menée pour la 3e année consécutive par 7 Instituts européens d’audit interne membres de l’ECIIA (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande, Suède, Espagne), cette étude est un précieux outil pour permettre aux équipes d’audit et de contrôles internes, ainsi qu’aux dirigeants d’anticiper et d’organiser leurs futurs plans d’audit…

1) Cybersécurité : Gouvernance des SI et relations avec les tiers. Pour 66% des experts interrogés, les organisations de plus en plus connectées doivent être particulièrement vigilantes aux risques de piratages ou défaillances des systèmes numériques (notamment pour la gestion des chaînes logistiques).

2) Protection des données : stratégies post-RGPD. Pour 58% d’entre eux, la mise en conformité du RGPD récemment entré en vigueur (mai 2018) demande une vigilance particulière.

3) Digitalisation, automatisation & intelligence artificielle, 36% des professionnels alertent les organisations sur les risques liés à l’adoption de nouvelles technologies comme l’automatisation et autres processus numériques.

4) Développement durable : environnement et éthique sociale. Autre préoccupation majeure pour les experts : les enjeux de RSE. Les instances de régulation et le public attendent une réelle implication de la part des organisations au-delà d’une simple mise en conformité réglementaire.

5) Conformité anti-corruption Si le risque de corruption existe depuis longtemps, les réformes législatives nationales, les mises en vigueur de dispositions réglementaires au niveau mondial et les amendes sans précédent le propulsent dans le top 5 des risques organisationnels !

6) Risques liés à la communication. Souvent perçu comme impalpable, le risque de réputation est pourtant bien réel et ne cesse d’augmenter avec la transformation numérique. La communication doit donc être pleinement intégrée au dispositif de gestion des risques.

7) Culture organisationnelle : discrimination et inégalités sociales. Suite au mouvement « MeToo », la pression pesant sur les sujets de lutte contre toutes formes d’inégalités, de discriminations et de comportements sexistes n’a jamais été aussi forte. Les organisations sont de plus en plus « challengées » sur cette question !

8) Une nouvelle ère commerciale : protectionnisme et sanction. Le récent renforcement des politiques commerciales protectionnistes et des contrôles à l’exportation représente un risque non négligeable pour les organisations.

9) Gouvernance des risques et des contrôles : s’adapter au changement ! Le rythme de l’évolution de la réglementation n’a jamais été aussi rapide, dépassant parfois celui des organisations et rendant leurs outils de gestion des risques rapidement obsolètes.

10) Identifier les risques à surveiller : adopter une véritable approche fondée sur les risques… Les experts ont identifié un décalage entre le temps investi par les équipes sur certains risques par rapport à leur importance. Il s’agit donc de s’assurer que le temps passé sur un risque est cohérent avec son niveau de priorité…