risque climatique. Classement. Definition. Elargissement du Domaine du Risque. NOUVEAU RISQUE.

Programme sur 4 semaines.

Aujourd’hui, 28 mai 2021 : classement / définition / lecture du risque climatique à partir des cinq facteurs d’élargissement du domaine du risque / illustration du premier facteur d’élargissement à travers la lecture de l’article « Les risques environnementaux pèsent lourds sur les chaînes d’approvisionnement…Et ce sont les consommateurs qui paient. » 28 mai 2021.

La semaine prochaine : illustration du 3ème facteur avec les difficultés à assurer le risque climatique.

Les deux suivantes : gestion du risque climatique ; ses interactions avec la RSE ; comment transformer le risque climatique en opportunité ?

Le risque climatique dans le Top 10 des risques.  

Le changement climatique est dans le top 10 des risques cités par les entreprises dans le baromètre des risques 2021 de l’assureur Allianz. Il baisse passant à la 9e place. La lutte contre le changement climatique n’en reste pas moins une priorité, puisque 2020 a été, ex æquo avec 2016, l’année la plus chaude jamais enregistrée. « Maintenant que la campagne de vaccination contre la Covid-19 est lancée, le changement climatique doit revenir à l’ordre du jour des conseils d’administration en 2021, souligne Michael Bruch, directeur mondial ESG chez AGCS. De nombreuses sociétés doivent adapter leur activité à un monde à faible émission de carbone et les gestionnaires de risques doivent être au cœur de cette transition. »

Une définition

Le risque climatique constitue une catégorie spécifique du risque environnemental au regard de l’amorçage entropique de l’effet de serre par l’activité humaine, principalement les modalités et les volumes actuels de production et de consommation. Ses caractéristiques en font un risque global, aux effets à court, moyen, long et très long terme.

Voir ou revoir le Podcast Chubb sur le risque écologique / sur le blog – Catégorie Risques – Rubrique Risque Environnemental – ou dans les archives septembre 2020.

Elargissement du domaine du risque. Un risque nouveau/potentiel, objectif/subjectif, difficile à assurer, sur le devant de la scène (législateur, médias, affaires).

Lire ou relire les articles sur l’élargissement du périmètre du RM / sur le blog – Catégorie Risques – Rubrique Risque Environnemental – ou dans les archives juin et juillet 2019.

En 30 ans (1990-2020) le risque est devenu une variable stratégique de la réflexion des entreprises sous l’effet de 5 facteurs.

A retrouver en détail dans l’ouvrage ‘La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et Positionnement »

https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html

Le risque climatique s’inscrit dans cette évolution.

 (1) L’apparition de nouveaux risques avec la multiplication de qualificatifs venus en préciser la nature : environnemental et climatique par exemple. Les entreprises doivent faire face à des risques potentiels plus difficiles à cerner car ils sortent du champ de compétences des experts.

(2) Est ensuite apparue l’idée d’une perception du risque différente selon les individus ou les niveaux dans l’entreprise ; la subjectivité intervient aussi dans la relation de l’entreprise avec les acteurs de la société civile. Elle oblige les entreprises à en tenir compte dans l’évaluation des risques et dans les relations qu’elles entretiennent avec les acteurs de la société civile. Une approche exclusivement objective des catastrophes naturelles (tempêtes, sécheresses, par exemple) ne donnerait qu’une vision partielle, voire erronée de la situation. Les entreprises doivent dorénavant impliquer les acteurs, intégrer les facteurs d’environnement susceptibles d’influencer cette perception (les médias, par exemple) et tenir compte des valeurs et des attentes grandissantes des parties prenantes.

(3) Les entreprises sont amenées à gérer elles-mêmes ces nouveaux risques du fait de la réticence des compagnies d’assurance à les prendre en charge : comment continuer à croire qu’il n’y a pas un « trou énorme » entre la protection des assurances et ce dont les entreprises ont besoin pour couvrir les coûts du risque climatique.

(4) Les « affaires » participent également à cette extension du domaine du risque. Les affaires (contentieux climatique visant le groupe Total par exemple) renforcent l’exigence de conditions nouvelles de transparence des risques de la part des entreprises.

(5) Enfin, depuis 2004, le régulateur, le législateur et les médias ont contribué à la diffusion de l’image d’un monde plus risqué et l’ont amplifiée. Principe de précaution. Article 16 du projet Loi sur le dérèglement climatique intègre ainsi le sujet de la transition écologique parmi les attributions du comité social et économique. Selon cet article, qui n’est encore qu’en projet, chaque thématique faisant l’objet d’une procédure d’information et de consultation du CSE devra prendre en compte les conséquences environnementales des activités de l’entreprise. Il est ainsi proposé que la question de la transition écologique soit désormais pleinement intégrée aux missions du CSE.

De leur côté, les médias amplifient la notion de responsabilité du dirigeant en cas de négligence, et surtout les logiques de compensation.

Face ces deux amplificateurs de risques que sont le régulateur-législateur et les médias, les entreprises sont scrutées.

Nous proposons d’illustrer le premier facteur d’élargissement à travers la lecture de l’article « Les risques environnementaux pèsent lourds sur les chaînes d’approvisionnement…Et ce sont les consommateurs qui paient. »

La semaine prochaine : illustration du 3ème facteur avec les difficultés à assurer le risque climatique.

Les deux suivantes, nous aborderons la gestion du risque climatique et ses interactions avec la RSE / Et comment transformer le risque climatique en opportunité.

LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX PÈSENT LOURDS SUR LES CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT… ET CE SONT LES CONSOMMATEURS QUI PAIENT

Le changement climatique et la perte de biodiversité ont un coût financier pour l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale, souligne un rapport du CDP. Il en coûtera 120 milliards de dollars supplémentaires aux entreprises d’ici 2026, selon l’organisation qui collecte les données environnementales (climat, forêt, eau) de 8 000 fournisseurs. L’industrie manufacturière, l’alimentation et la production seraient les plus touchées.

Inondations marchandises supply chain iStock tieroLe CDP estime que les risques environnementaux pourraient coûter directement 120 milliards de dollars supplémentaires aux grandes entreprises via leur chaine d’approvisionnement.

Pour les cinq prochaines années, l’impact financier du changement climatique, de la déforestation et de l’insécurité hydrique va coûter très cher aux entreprises selon le CDP. Dans son rapport Transparency to transformation : a chain reaction, l’organisation estime ce montant à 1 260 milliards de dollars dont 120 milliards d’euros dus uniquement aux chaînes d’approvisionnements. Pour parvenir à ce montant, CDP a analysé les données environnementales de 8 000 fournisseurs mondiaux.

Le poids de ces derniers est en effet majeur. Ceux-ci peuvent voir leur production stoppée ou retardée par l’augmentation de la gravité et de la fréquence des cyclones et des inondations, subir une hausse du coût des matières premières. Les plus gros acheteurs sont touchés comme L’Oréal, Walmart ou Unilever.

Ces coûts se répercuteront certainement sur les consommateurs, prévient le CDP. « La plupart des chaînes d’approvisionnement fonctionnent avec des marges bénéficiaires très étroites, l’augmentation des coûts devrait être répercutée le long de la chaîne dans un effet domino pour leurs acheteurs« , souligne Maxfield Weiss, le directeur exécutif intérimaire de CDP Europe. Qui ne se risque toutefois pas à donner un ordre de grandeur.

Plus de transparence pour mieux gérer les risques

Les secteurs les plus concernés sont l’industrie manufacturière (64 milliards de dollars), l’alimentation, les boissons et l’agriculture (17 milliards de dollars) ainsi que la production d’électricité (11 milliards de dollars). Certains ont déjà bien identifié le problème et demandent plus de transparence et d’actions de la part de leurs fournisseurs. Sur le climat par exemple, les émissions de gaz à effet de serre de la supply chain sont en moyenne 11,4 fois plus élevées que les émissions directes de l’entreprise. Dans le commerce de détail (magasin de vêtements ou supermarchés), c’est 28 fois plus !

8 000 fournisseurs divulguent désormais leurs émissions de gaz à effet de serre, le volume des matières premières (soja, bois, huile de palme, chocolat ou café…) issues de pays à risques de déforestation ou leur consommation d’eau. Mais les données sont encore trop peu nombreuses et qualitatives pour opérer une gestion des risques réellement efficace et une transformation des business models souligne le CDP.

Dommage car les actions menées chez les fournisseurs peuvent être source d’un « avantage concurrentiel » pour l’ensemble de la chaîne, assure Maxfield Weiss. Le rapport montre que les mesures d’efficacité énergétique des fournisseurs ont permis aux entreprises d’économiser 619 millions de tonnes de CO2 et 33,7 milliards de dollars rien qu’en 2020.

Béatrice Héraud, 

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