Le 14 octobre 2024 dans le Monde j’écrivais que l’impact économique et l’impact d’image (facteur clef de la capitalisation boursière) étaient fort mais que l’impact juridique était modéré.
Impact juridique
Depuis, celui-ci n’a cessé de s’alourdir : nouvelle action en justice engagée le 27 mai 2026 par BONNEVAL contre Nestlé Waters qui fait suite à une autre plainte dans laquelle BONNEVAL demande 1,6 milliard d’euros / à des accusations de concurrence déloyale / à l’élargissement du combat à d’autres concurrents pour faire connaître les pratiques illégales de Nestlé Waters – document du 13 mars 2026.
Impact d’image et amplification du risque par les médias
Les doutes sur la pureté des eaux à l’origine de la nouvelle action en justice sont étayés par de nouvelles révélations sur la marque Perrier émanant de la cellule investigation de Radio France. Le document signé par les principaux concurrents de Nestlé Waters a également été relayé par Radio France, consulté et relayé par Les Echos. Les médias comme amplificateur du risque alourdissent encore l’impact lié à l’image.
Impact financier ?
Reste à suivre l’opération de rachat de 50% des eaux minérales de Nestlé Waters…Ces eaux sont aujourd’hui valorisées près de 5 milliards d’euros.
Pour en savoir plus, lire l’article paru dans les Echos le 27 mai 2026. Extraits ci-dessous.
Perrier, Contrex, Hépar : l’autorisation d’exploitation des eaux de Nestlé de nouveau attaquée en justice
Une nouvelle action en justice contre les autorisations d’exploitation des sources de Nestlé Waters vient d’être engagée par Bonneval. Les concurrents de la filiale de Nestlé continuent leur combat contre les systèmes de microfiltration utilisés dans les usines d’eau minérale de cette dernière.
La pression ne redescend pas à l’encontre de Nestlé Waters et de ses eaux minérales françaises. Un concurrent du minéralier, Bonneval, a saisi la justice administrative pour faire annuler les arrêtés préfectoraux renouvelant les autorisations préfectorales d’exploitation des sources Perrier (Gard), Hépar et Contrex (Vosges). Interrogé, Nestlé Waters n’a pas souhaité réagir à ces recours.
Selon les recours déposés auprès des tribunaux administratifs de Nîmes (pour Perrier) et de Nancy (pour Hépar et Contrex) et que « Les Echos » ont pu consulter, les griefs reposent principalement sur l’usage de systèmes de microfiltration à 0,45 micron dans les usines d’embouteillage de Nestlé Waters. Pour Bonneval et d’autres concurrents du groupe suisse, dont Danone, un tel niveau de filtration « modifie le microbisme de l’eau en la désinfectant partiellement ».
Rejet des recours gracieux
En outre, dans le cas des Vosges, Bonneval estime que l’absence d’une nouvelle saisine d’un hydrogéologue agréé pour avis dans le cadre du renouvellement de l’autorisation d’exploitation est contraire à la loi. La préfecture s’est, en effet, appuyée sur un avis rendu en octobre 2023, lors d’une précédente demande d’autorisation.
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Questions sur la pureté des sources
Dans le cas du site de Vergèze (Gard), Bonneval estime par ailleurs que l’obligation formulée par l’autorisation d’exploitation d’un « contrôle sanitaire renforcé et d’une surveillance renforcée de la qualité microbiologique et physico-chimique de l’eau brute des forages » revient à reconnaître des doutes quant à la « pureté originelle » de la source et la stabilité physico-chimique de l’eau. Deux éléments qui conditionnent l’usage de l’appellation « eau minérale naturelle ».
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Destruction de lots
Ces doutes sont étayés par de nouvelles révélations sur la marque Perrier. Selon les informations de la cellule investigation de Radio France, 900.000 bouteilles produites sur le site de Vergèze (Gard) ont été détruites depuis l’été 2025, et plus de 2 millions de canettes sont actuellement bloquées, en raison de la présence de bactéries coliformes, ou d’excès de germes revivifiables dans les bouteilles. Ces micro-organismes ne constituent pas nécessairement un danger pour la santé, mais leur présence en quantité anormale peut être le signe de l’existence d’autres micro-organismes pathogènes.
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« En 2025, par exemple, une proportion très limitée de produits a été détruite car ils n’atteignaient pas les standards stricts de qualité attendus. Si des produits peuvent être bloqués en attente de contrôles, dans la vaste majorité des cas ces produits se sont finalement avérés conformes, comme le confirme l’ARS dans ses réponses à France Info », s’explique Nestlé Waters. L’entreprise « assure aux consommateurs que tous les produits commercialisés peuvent être bus en toute sécurité, comme cela a été confirmé de nombreuses fois par les autorités compétentes. »
Validation du gouvernement
Cette plainte intervient dans un combat plus large des concurrents de Nestlé, réunis pour la plupart au sein de la Maison des eaux minérales naturelles (MEMN), pour faire reconnaître l’illégalité des pratiques de Nestlé Waters. Sa présidente, Cathy Le Hec, par ailleurs directrice des sources d’eaux minérales de Danone, a récemment adressé une lettre à Stéphanie Rist, ministre de la Santé.
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Moment clef pour la vente
Ces nouveaux rebondissements arrivent à un moment critique pour Nestlé. Selon nos informations, plusieurs fonds sont encore en lice pour le rachat de Nestlé Waters. « Le 2e tour est en cours », indique une source au fait du dossier aux « Echos », avec des copies attendues pour début juin.
Comme pour le rachat des médicaments sans ordonnances de Sanofi, dont le groupe pharmaceutique a ouvert le capital en 2025, le géant français PAI est sur les rangs, ainsi que l’américain CD&R. Deux autres géants américains sont toutefois encore en piste, selon ces mêmes sources, il s’agit du fonds Advent et, selon des informations de Sky news, du fonds californien Platinium Equity.
Nestlé veut trouver un partenaire financier pour faire l’acquisition de 50 % de ses eaux minérales telle que Perriers et San Pellegrino. Ceci afin de constituer une co-entreprise et déconsolider ces activités. Philipp Navratil, le directeur général, vise une déconsolidation en 2027.
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Paul Turban, avec Sharon Wajsbrot – 27 mai 2026