Face à un risque géopolitique, transversale, de criticité très élevée : Enterprise Risk Management et Risk Manager, pilote de la gestion des risques.

RISQUE GEOPOLITIQUE (1). UN POINT. UN MEDLEY DE RESSOURCES A ECOUTER ET LIRE

Ils avaient pour objectifs de :

  • Deux partages récents m’ont passionnée et rappelé à quel point les relations internationales m’intéressaient pendant mes années Sciences PO Paris dans la conférence de François Sureau.
  • La Conférence « Indopacifique : enjeux et défis » organisée le 31 janvier 2026 par le Master ISSD de l’Université de Toulouse et qui positionnait via des cartes les trois grands acteurs
  • Le webinaire « Point                                                         de situation au Moyen Orient. Attaques en Iran et dans le golfe persique, quelles conséquences pour les entreprises ? » organisé par l’AMRAE le 6 mars 2026 et disponible sur son site pour les adhérents.
  • Une préoccupation affichée par les entreprises

Il apparaît dans le baromètre ALLIANZ 2024 non plus « glissé » dans les risques énergétiques glissé dans les risques énergétiques et économiques mais dans une rubrique dédiée risques politiques (instabilité politique, guerre, terrorisme, coup d’état, conflits sociaux, grèves, émeutes, pillages) et fait son entrée dans le classement 2024, directement en 6e position.

Dans le baromètre ALLIANZ 2026, il est à la 5ème place en France et gagne deux places dans le monde pour s’établir en 7ème position en raison de l’augmentation des préoccupations liées à l’instabilité géopolitique et aux conflits dans le monde. Position la plus élevée jamais atteinte.

Pour la première fois en 2026, le risque géopolitique figure également parmi les dix principales préoccupations dans la nouvelle Enquête mondiale sur la gestion des risques d’AON.

  • Une préoccupation dont on peut prédire qu’elle va encore croître dans le baromètre ALLIANZ 2027 (à paraître en janvier) suite à la campagne militaire conjointe des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février 2026.
  • Une criticité plus élevée. Probabilité très élevée (voire même proche de l’inconnu pour R. de Vittoris interviewé par L.Girardot ; le propre d’un risque potentiel). Impact très fort
  • Une transversalité que la crise actuelle permet d’illustrer ; non pas un risque mais des risques (voir note blanche publiée sur LinkedIn par Th. Lafon le 1er mars 2026) ; pour les entreprises françaises : 
  • Risque énergétique et matières premières
  • Risque logistique et chaîne d’approvisionnement (Risque supply-chain)
  • Risque financier et assurantiel
  • Risque cyber
  • Risque sécurité des personnels
  • Risque réglementaire et de conformité
  • Les dirigeants et un RM que je qualifie de Pilote de la gestion des risques, dont nous analysons l’activité, la place dans l’organisation et les compétences dans ce même ouvrage, doivent piloter le risque géopolitique.

J-Ch Antoine-Noirel écrit sur LI que « dans beaucoup d’organisations, le risque géopolitique est externalisé avec l’aide d’experts ponctuels, ou dispersé entre le juridique, la compliance, la sûreté ou les affaires publiques ou encore pris en compte et étudié uniquement lorsque la crise éclate…l’année 2026 fera émerger des entreprises qui auront intégré le risque à différentes étapes de leur process de décision…Il est tellement plus simple de mettre en place des KPI à thématique géopolitique, avec des seuil d’actions pour prendre des décisions…et s’y tenir. »

Le Monde selon l’IFRI

Les entreprises à l’épreuve du risque géopolitique

Trente-trois minutes d’écoute

Au programme de ce podcast, Thomas Gomart, directeur de l’Ifri :

  • Revient sur la distinction entre risque pays et risque géopolitique et propose des définitions du risque géopolitique.
  • Dresse une généalogie du risque géopolitique en interrogeant la constitution de celui-ci : il
  • date et explique sa naissance ;
  • identifie l’enjeu de sa gestion et les acteurs qui ont contribué à sa naissance ;
  • fait des recommandations sur sa gestion. 

Extraits d’articles

Après Davos, les tensions géopolitiques s’imposent à l’agenda des risk managers

Les professionnels du secteur se réunissent à Deauville du 4 au 6 février sur fond de crises géopolitiques. Alors que les tarifs d’assurance sont en baisse, particulièrement dans le cyber, la situation internationale très volatile devrait peser sur les discussions.

Par Thibaut Madelin

Publié le 4 févr. 2026

Menace d’annexion du Groenland par Donald Trump, enivré par son enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, tensions persistantes au Moyen-Orient (Gaza, Iran), nouvel hiver sous les bombes russes en Ukraine, attaque informatique contre La Poste, pénurie de puces Nexperia dans l’automobile, incendies en Australie, instabilité politique dans une France surendettée…

Après Davos fin janvier, rarement le climat n’aura été aussi intense pour les professionnels du risque, qui se réunissent du 4 au 6 février à Deauville à l’occasion des rencontres annuelles de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae). Et leur fonction aussi clef pour des groupes français soucieux d’aller chercher la croissance à l’étranger sans ignorer les dangers.

Baisse des prix

Pourtant, malgré ce contexte anxiogène qui devrait théoriquement faire exploser les prix d’assurance, c’est l’inverse qui se produit. « Nous sommes dans un marché favorable aux acheteurs d’assurances, déclare Denis Bicheron, directeur des placements CRB chez WTW France. Il y a une capacité abondante et des prix qui baissent quasiment sur toutes les lignes. »

L’expert cite des baisses de 10 à 15 % dans l’assurance dommage des entreprises ou encore de 25 à 30 % sur les lignes financières, qui incluent le cyber ou la responsabilité civile des mandataires sociaux. A l’origine : les bons résultats techniques enregistrés par les assureurs (et les réassureurs), qui vont du coup chercher des affaires chez les autres en baissant leurs prix, explique l’expert.

Les autres risques, dont celui lié au climat, n’ont pas disparu, mais c’est bien les tensions internationales qui dominent les débats. « Le risque géopolitique, ce n’est plus un bruit de fond, c’est vraiment au centre de l’agenda des Comex et des conseils d’administration, insiste Oliver Wild, vice-président de l’Amrae et directeur des risques et des assurances de Veolia. C’est vraiment un facteur de rupture majeure. »

Consolidation

Les polices d’assurance dommages standard excluent généralement la couverture des guerres et des guerres civiles, mais des produits spécifiques existent, comme les couvertures « CEND » (Confiscation, Expropriation, Nationalisation & Privation) ou les polices Violences Politiques. Jusqu’ici, leurs prix n’ont pas flambé, constate Denis Bicheron. « Si le marché reste stable, la persistance de tensions géopolitiques majeures et inédites depuis la Seconde Guerre mondiale incite à la prudence quant à la pérennité de la situation », admet-il cependant.

L’évolution dépendra des humeurs du président américain, mais aussi du marché. « Il y a aujourd’hui un décalage entre ce que les entreprises attendent des assureurs et ce que ces derniers leur proposent », constate Grégoire Dutertre, président de la commission géopolitique de l’Amrae et risk manager de Sonepar. Il cite les exclusions de zones géographiques, les prix et les franchises élevés, mais reconnaît que les entreprises doivent aussi professionnaliser leur gestion du risque géopolitique…inquiétud

Comment les entreprises s’organisent face à l’escalade des risques de guerre

Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, les entreprises françaises ne peuvent plus ignorer ces nouveaux risques. Beaucoup ont déjà révisé leur stratégie d’investissement, mais elles doivent aussi se prémunir contre les menaces de guerre militaire et hybride.

Par Jeanne Bigot

Publié le 4 févr. 2026

Conflits armés, droits de douane exceptionnels, attaques cyber, contraintes politiques sur l’investissement… Depuis plusieurs années, les risques géopolitiques s’intensifient et pèsent sur les entreprises, y compris en France. « Longtemps, l’entreprise mondialisée a optimisé ses chaînes de valeur comme un pur problème de coût et d’efficacité, en considérant que la mondialisation assurait une relative stabilité politique, observe Stéphane Auray, professeur d’économie à l’Ecole nationale de la statistique et de l’analyse de l’information, et à Rennes School of Business. Aujourd’hui, ce constat vole en éclat. »

Pour faire face, les cellules de veille géopolitique montent en puissance au sein des entreprises, de même que certaines fonctions comme les managers du risque géopolitique. Leur premier objectif est d’identifier les vulnérabilités. Actuellement, sur le sol français, les risques physiques comme la destruction d’actifs, l’interruption d’activité, l’expropriation, ou même la mobilisation et la sécurité du personnel, sont limités. Rares sont ceux qui les anticipent de manière opérationnelle, bien que certains exploitants d’infrastructures critiques (énergie, transport, finance…) développent des scénarios prospectifs et plans de continuité.

Risques physiques, hybrides et géoéconomiques

« Cependant, le risque géopolitique ne se limite pas aux conflits armés : il existe toute une échelle de déviance par rapport à ce que l’on pourrait espérer être la norme dans une situation de concurrence économique mondiale », note Sébastien Jean, professeur en économie au CNAM et directeur délégué du programme Géofinance à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

En effet, parmi les menaces géopolitiques les plus prégnantes se trouvent les risques dits « hybrides » comme les cyberattaques, les fuites ou prises en otage de données, la désinformation, ou encore les attaques à la réputation…

Désormais, certains grands groupes ont intégré les risques géopolitiques dans leur stratégie de gouvernance, mais il ne s’agit pas d’une vérité générale. « La sensibilisation à ces questions est très variable, reprend Sébastien Jean. Cependant, la prise de conscience doit être à la hauteur des enjeux, qui peuvent devenir de premiers ordres : il faut y consacrer des efforts spécifiques. »

Anticipation et résilience

Aujourd’hui, déjà, la grande majorité des choix d’implantation à l’étranger sont liés aux grands événements géopolitiques. D’après le rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, la proportion des projets d’investissements étrangers directs entre pays géopolitiquement distants a reculé, passant d’environ 23 % en 2013 à 13 – 15 % au début des années 2020, tandis que les projets réalisés entre pays alignés et au sein d’une même région continuent d’augmenter. « Aujourd’hui, la géopolitique pèse autant dans les investissements que les coûts de production ou la taille du marché », note Stéphane Auray…

Prévenir le risque géopolitique : l’impossible défi des banques

Les banques, fortement internationalisées, vont devoir s’adapter à la fin de la « fiction agréable » décrite par le Premier ministre canadien, Mark Carney, dans son discours de Davos. Les canaux de contagion entre le géopolitique et la finance sont nombreux.

Par Ingrid Feuerstein

Publié le 13 févr. 2026

Jusqu’ici, tout va bien. Lors de leurs publications annuelles, les banques françaises ont enchaîné les résultats record, comme la plupart de leurs concurrentes européennes. C’est comme si les tourments du monde étaient sans prise sur le secteur financier. Lors des conférences de résultats, aucun signe d’inquiétude n’a pu transparaître des états-majors des banques face au risque géopolitique.

Par rapport aux industries du luxe, de l’agroalimentaire ou de l’automobile, frappées de plein fouet par les droits de douane, le secteur bancaire ne serait impacté que de manière indirecte, notamment si le ralentissement économique entraînait une dégradation de la qualité du crédit.  Mais pour combien de temps ?

On imagine difficilement, en effet, que les banques soient totalement épargnées par la fin de la « fiction agréable » et le début de la « réalité brutale » que le Premier ministre canadien, Mark Carney, a décrites dans son discours de Davos, si révélateur du basculement actuel qu’il en est devenu viral.

Le risque géopolitique au coeur des priorités de la BCE

Ce n’est pas pour rien si la Banque centrale européenne (BCE) a renforcé son niveau de vigilance concernant le risque géopolitique dans ses priorités pour les trois années à venir, publiées en début d’année. Dans ce document, le superviseur s’inquiète que l’absence de grande faillite bancaire dans la zone euro ces dernières années malgré l’accumulation de chocs (Brexit, Covid, Ukraine…) puisse alimenter une forme de complaisance face au risque de crise financière.

En cas de nouveau scénario extrême, les Etats risquent de ne pas être en mesure de venir au secours de l’économie comme ils l’ont fait pendant la pandémie, prévient-il, en raison du « niveau élevé de dépenses publiques et des contraintes budgétaires » actuelles dans certains pays. A Francfort, certains responsables de la supervision reconnaissent eux-mêmes avec humour qu’ils « sont payés pour être pessimistes ». Comme un soupçon de pessimisme vaut mieux qu’un excès de confiance, la BCE a demandé aux banques de se soumettre à des « stress tests » géopolitiques.

Mais au lieu de leur appliquer des scénarios extrêmes pour voir si les établissements bancaires peuvent absorber ces chocs, comme lors des traditionnels tests de résistance, la BCE va cette fois procéder à l’exercice inverse. Les 110 établissements supervisés vont devoir identifier quels événements pourraient conduire à une baisse drastique de leurs ratios de fonds propres (CET1), à hauteur de plus de 300 points de base.

Ces « stress tests inversés » n’ont pas manqué de susciter des réactions circonspectes de la part des banquiers, toujours enclins à dénoncer le zèle des superviseurs. « On me demande de modéliser l’impact de la fin du monde sur les comptes de la banque », soupirait récemment le dirigeant d’un grand établissement. Un chroniqueur du « Financial Times » a comparé cet exercice à un « atelier d’écriture collaborative de fiction dystopique »…

Scénarios de crise

Cela peut concerner le refinancement en dollar des banques européennes par le biais d’accords de « repo » et de swaps de devises, la dépendance à un acteur du cloud basé hors de l’UE, ou encore l’utilisation des réseaux de paiement comme moyen de rétorsion. On en a déjà vu un aperçu, lorsque le juge français de la Cour pénale internationale (CPI), Nicolas Guillou, a été placé sous sanctions américaines l’été dernier pour avoir autorisé l’émission par la CPI de mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.

Le scénario le plus extrême reste sans doute celui des sanctions : gels d’actifs, retraits de licence bancaire… Les banques occidentales présentes en Russie en ont fait la douloureuse expérience….

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