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Focus sur le risque de pollution de l’air : qualité de l’air extérieur, qualité de l’air intérieur.

Le périmètre de gestion des risques des Risk Managers s’élargit. La transition écologique en fait désormais partie.

L’analyse des rapports financiers annuels révèle que les grandes entreprises françaises sont parmi les plus impliquées en matière de RSE et notamment sur le sujet du risque lié au climat.

Je vous propose un focus sur le risque de pollution de l’air : qualité de l’air extérieur, qualité de l’air intérieur.

La qualité de l’air et l’impact de la pollution atmosphérique sont aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique et de qualité de vie : plus de 8 millions de décès prématurés dans le monde seraient causés par la pollution de l’air, dont 3,8 attribués à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations, selon l’OMS.

Description du risque

UNE POLLUTION “INVISIBLE” ET COMPLEXE

La pollution de l’air se caractérise par la contamination de l’environnement intérieur ou extérieur par un agent chimique, physique ou biologique qui modifie les caractéristiques naturelles de l’atmosphère.

Mesurée par une combinaison de méthodes chimiques et électroniques, la qualité de l’air est évaluée via une surveillance régulière. Des capteurs et analyseurs, de plus en plus performants, sont reliés à un système informatique enregistrant des valeurs à intervalles réguliers. Ces valeurs permettent de quantifier le taux de pollution de l’atmosphère de la zone surveillée.

En France, cette surveillance est réalisée, pour l’air extérieur, par un ensemble d’associations (Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air) réparties sur le territoire.

Selon l’Ademe, il n’y a pas de « frontière » entre la qualité de l’air extérieur (QAE) et la qualité de l’air intérieur (QAI) ; la QAI dépendant en partie de la QAE. Si des actions spécifiques doivent et peuvent être menées pour préserver ou améliorer la qualité de l’air intérieur, celles en faveur de la qualité de l’air extérieur agissent automatiquement sur la qualité de l’air intérieur.

UN ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE

La pollution de l’air est l’un des principaux risques environnementaux à l’échelle mondiale. Selon l’OMS; elle aurait causé plus de 8 millions de décès prématurés dans le monde, en 2016, ce qui en fait le quatrième facteur de risque de mortalité dans le monde. Par ailleurs, l’air intérieur aux bâtiments n’est pas moins pollué que l’air extérieur, alors que nous passons plus de 85% de notre temps dans un endroit clos.

L’étude Elabe pour Veolia, réalisée sur ce sujet en 2019, en France, en Belgique et dans l’agglomération de Shanghaï, est significative à cet égard : un Français sur deux ou encore plus de 60% des Belges comme des Shanghaiens sont surpris d’apprendre que nous sommes davantage exposés à la pollution de l’air à l’intérieur de notre logement et des bâtiments que nous fréquentons qu’à l’extérieur.

Impact du risque

LA POLLUTION DE L’AIR ET SES CONSÉQUENCES, EN QUELQUES CHIFFRES

Chiffres actuels (source OMS – 2018) :

  • 8 millions de décès dans le monde sont attribués en 2016 à la pollution de l’air => 4,2 millions de décès prématurés attribués à la pollution de l’air extérieur et 3,8 millions de décès prématurés attribués à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations.
  • 91% de la population mondiale vivait en 2016 dans des endroits où les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air n’étaient pas respectées.
  • En 2015, les coûts des soins de santé sont évalués à 21 Md$  et la pollution de l’air serait responsable de 1,2 milliards de jours de productivité perdus (« Les conséquences économiques de la pollution de l’air extérieur », OCDE – Septembre 2016)

Prévision 2060 :

  • Jusqu’à 9 millions de décès prématurés par an (Source IHME : Institute for Health Metrics and Evaluation)
  • La pollution de l’air pourrait coûter jusqu’à 1% du PIB mondial en 2060 (l’impact sur la productivité du travail, sur les dépenses de santé et sur le rendement des cultures agricoles impliquerait une augmentation progressive des coûts économiques globaux qui atteindraient 1 % du produit intérieur brut mondial) (Source OCDE)
  • Chaque année, les coûts des soins de santé prévus s’élèveraient à 176 Md$ et l’impact sur la productivité serait évaluée à 3,7 milliards de jours perdus (« Les conséquences économiques de la pollution de l’air extérieur », OCDE – Septembre 2016)

Exemple de gestion du risque de qualité de l’air : plans d’actions (Veolia)

  • contrôle des émissions atmosphériques de nos technologies d’incinération des déchets dangereux,
  • maîtrise des odeurs émises par les stations de traitement des eaux usées,
  • audit et mesure de la qualité sanitaire des flux d’eau et d’air des bâtiments.

Le périmètre d’activité des Risk Managers ne cesse de s’élargir

Les Risk Managers travaillent de plus en plus sur tous les risques, soit une « identification des risques à 360°. » 

Que vient faire un directeur des risques dans une table ronde sur la transition écologique ?

Le changement climatique génère trois types de risques majeurs pour les entreprises :

1) les risques de responsabilité si elles ne sont pas capables de tenir leurs engagements de réduction drastique de leur impact environnemental et de réalisation de l’objectif zéro carbone.

2) les risques d’adaptation, car le dérèglement climatique à proprement parler n’est plus un risque mais une certitude dont nous ressentons déjà des effets. Les entreprises multinationales seront exposées à des aléas de plus en plus fréquents dans l’ensemble de leur chaîne logistique et doivent considérablement améliorer la résilience de leurs activités.

3) plus difficiles à appréhender, les risques de transition, liés aux changements profonds de l’écosystème dans laquelle l’entreprise évolue et leurs conséquences sur le modèle de croissance de l’entreprise. Aucune entreprise ne sera à l’abri de ces mutations.

Les directions des risques jouent un rôle essentiel pour sensibiliser les dirigeants des grandes entreprises sur ces risques, les aider à formuler des scénarios pertinents à moyen et long terme, et à les pousser à l’action pour prévenir les risques, et exploiter les opportunités de développement qui se présentent.

L’ampleur du changement climatique, tout comme la rapidité de la révolution numérique, nous forcent à revoir le mode de fonctionnement de nos entreprises.

Face à des incertitudes croissantes et des discours anxiogènes, la tentation de se replier sur les certitudes du passé est grande. Nous devons au contraire entretenir le dialogue avec les parties prenantes, faire confiance à notre intelligence collective, faire preuve d’audace et privilégier la décision, dans le cadre d’une stratégie à long terme intégrant tous les enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

Nous devons prendre des risques calculés aujourd’hui pour éviter des conséquences incalculables demain.

Un grand merci à @brunepoirson et à l’ @Institut_CR pour cette rencontre !

Nouveau classement des risques par les entreprises. La cybersécurité arrive en tête.

Entreprises : quels sont les principaux risques pour 2019 ?

La cybersécurité arrive nettement en tête du classement selon une étude…

Par Claude Leguilloux

Publié le 12/09/2018 à 06h02

Les résultats de l’étude « Risk in Focus » sont disponibles ! Basée sur les réponses de plus de 300 professionnels de l’audit interne travaillant dans des organisations à travers l’Europe, l’enquête cartographie les 10 principaux risques auxquels les entreprises des secteurs privé et public devraient être confrontées en 2019…

Menée pour la 3e année consécutive par 7 Instituts européens d’audit interne membres de l’ECIIA (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande, Suède, Espagne), cette étude est un précieux outil pour permettre aux équipes d’audit et de contrôles internes, ainsi qu’aux dirigeants d’anticiper et d’organiser leurs futurs plans d’audit…

1) Cybersécurité : Gouvernance des SI et relations avec les tiers. Pour 66% des experts interrogés, les organisations de plus en plus connectées doivent être particulièrement vigilantes aux risques de piratages ou défaillances des systèmes numériques (notamment pour la gestion des chaînes logistiques).

2) Protection des données : stratégies post-RGPD. Pour 58% d’entre eux, la mise en conformité du RGPD récemment entré en vigueur (mai 2018) demande une vigilance particulière.

3) Digitalisation, automatisation & intelligence artificielle, 36% des professionnels alertent les organisations sur les risques liés à l’adoption de nouvelles technologies comme l’automatisation et autres processus numériques.

4) Développement durable : environnement et éthique sociale. Autre préoccupation majeure pour les experts : les enjeux de RSE. Les instances de régulation et le public attendent une réelle implication de la part des organisations au-delà d’une simple mise en conformité réglementaire.

5) Conformité anti-corruption Si le risque de corruption existe depuis longtemps, les réformes législatives nationales, les mises en vigueur de dispositions réglementaires au niveau mondial et les amendes sans précédent le propulsent dans le top 5 des risques organisationnels !

6) Risques liés à la communication. Souvent perçu comme impalpable, le risque de réputation est pourtant bien réel et ne cesse d’augmenter avec la transformation numérique. La communication doit donc être pleinement intégrée au dispositif de gestion des risques.

7) Culture organisationnelle : discrimination et inégalités sociales. Suite au mouvement « MeToo », la pression pesant sur les sujets de lutte contre toutes formes d’inégalités, de discriminations et de comportements sexistes n’a jamais été aussi forte. Les organisations sont de plus en plus « challengées » sur cette question !

8) Une nouvelle ère commerciale : protectionnisme et sanction. Le récent renforcement des politiques commerciales protectionnistes et des contrôles à l’exportation représente un risque non négligeable pour les organisations.

9) Gouvernance des risques et des contrôles : s’adapter au changement ! Le rythme de l’évolution de la réglementation n’a jamais été aussi rapide, dépassant parfois celui des organisations et rendant leurs outils de gestion des risques rapidement obsolètes.

10) Identifier les risques à surveiller : adopter une véritable approche fondée sur les risques… Les experts ont identifié un décalage entre le temps investi par les équipes sur certains risques par rapport à leur importance. Il s’agit donc de s’assurer que le temps passé sur un risque est cohérent avec son niveau de priorité…