C’est comme souvent l’actualité qui a guidé le choix de ma thématique pour les posts à venir.
BALANCIAGA
Après avoir posté une campagne publicitaire de Noël mettant en scène des enfants sur le thème du « bondage », la marque Balenciaga a fait polémique sur les réseaux sociaux.
Hier soir, la marque de luxe s’est excusée tout en incriminant son agence de communication.
En crise, il est clé de prendre ses responsabilités – rejeter la faute sur des tiers peut avoir pour effet d’exacerber la crise. La preuve en est : aujourd’hui Balenciaga a supprimé la totalité de ses posts instagram face à la crise.
Comme le rappelle E.Hervé : « C’est pas de ma faute » en crise : un des sept péchés capitaux !
Vous trouverez dans les posts à venir :
- Des liens vers des posts déjà écrits sur ce sujet et disponibles sur le blog
L’impact d’une dégradation de la réputation sur la valorisation boursière organisation
L’importance de l’anticipation et des exemples de plans d’actions pour mieux gérer les crises
La (non)communication de crise de Nike
- Des indications de lecture dans notre ouvrage
« RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. » https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/risk-management-fris2.html
- Risque de réputation : p.38-40
- Amplification du risque par les médias et exemples d’affaires médiatisées : p.65-72
- (Non) communication de crise de Nike : p. 80-84
- Méthodes et outils face à l’urgence : gestion de crise : p.190-213
- Des ressources pour adopter les outils d’une bonne communication de crise à travers :
- Un extrait d’un article passionnant sur les leçons à tirer de la crise Buitoni et Kinder ; écrit par Olivier Cimelière, que vous pouvez lire dans son intégralité sur son blog, le blog du communicant, en cliquant sur son titre.
- Un extrait d’un article du même auteur, disponible selon les mêmes modalités, sur les solutions pour rétablir la réputation du PSG suite à l’affaire du « char à voile »
- L’interview par E. Hervé du directeur de la communication de Bouygues sur sa vision de la communication en temps de crise
- La proposition d’une autre forme de communication.
(1) Scandales alimentaires Kinder & Buitoni : quelles leçons tirer pour la communication de crise ?
Enseignement n°1 : Jouer cartes sur table plutôt qu’ergoter
Très rapidement, les industriels vont accumuler des couacs de communication et se voir alors battus en brèche dans leurs annonces par les autorités sanitaires. Le 7 avril, Ferrero publie un deuxième communiqué qui précise que d’autres bonbons Kinder produits à Arlon rejoignent la liste des produits retirés du marché. Du bout des lèvres, la marque admet qu’elle avait identifié la présence de salmonelles sur son site industriel le 15 décembre 2021 et qu’elle avait pris des mesures correctrices. Elle se félicite enfin de sa collaboration avec les autorités de sécurité alimentaire et de santé publique.
Ces dernières n’ont pourtant visiblement pas la même lecture quant à la volonté de l’industriel de circonscrire le problème. Dès le lendemain, l’agence de sécurité alimentaire belge (AFSCA) choisit d’employer la manière forte : l’arrêt de la production de l’usine à l’origine de contaminations à la salmonellose. En guise d’explications, elle ajoute : « Après investigations (…) et suite aux constats de ces dernières heures que les infos fournies par Ferrero sont incomplètes, l’Agence procède aujourd’hui au retrait d’autorisation de l’usine de production de Ferrero d’Arlon » tout en soulignant qu’un lien entre les centaines d’intoxications en Europe et l’usine avait été établi fin mars.
De l’autre côté de la frontière à Caudry, la pression augmente également sur l’usine suspectée. Les 22 et 29 mars, la direction départementale de la protection de la population effectue deux inspections dans les locaux et formule son constat : « de nombreuses anomalies graves en matière de nettoyage et d’entretien général des locaux et matériels (…) la présence de rongeurs au niveau de l’atelier boulangerie ». Dans l’intervalle, une enquête préliminaire pour « homicides involontaires, tromperie et mise en danger d’autrui » est ouverte et confiée au parquet de Paris tandis qu’en interne, d’anciens salariés du site et des représentants syndicaux commencent à grogner et dénoncer la non-prise en compte d’alertes récentes comme notamment celle émise par la DGCCRF avec un avertissement prononcé en septembre 2020 et une contre-visite en mars 2021 soulignant « des corrections sur certains points mais pas sur d’autres ».
Du côté de Nestlé, la maison-mère de Buitoni, la ligne de communication est minimaliste. Le géant suisse se retranche derrière la procédure judiciaire en cours pour éviter de communiquer : « Il s’agit d’une étape qui s’inscrit dans le cadre de l’enquête. Nous continuons à coopérer pleinement avec les autorités pour en assurer le bon déroulement. A ce stade, nous ne sommes pas en mesure de partager plus d’informations. Nous souhaitons réaffirmer que la sécurité et la qualité de nos produits sont nos premières priorités ».
Seule concession communicante le 30 mars : la mise en ligne d’une vidéo de Jérôme Jaton, directeur général industriel de Nestlé France qui répond depuis le site de Caudry à différentes questions relatives à la crise en cours. L’effort est louable mais les réponses quelque peu lapidaires. A la question « à votre connaissance, quels sont les dangers de cette contamination pour la santé ? », il répond embarrassé : « Je ne suis pas médecin mais clairement, la bactérie E-Coli, c’est quelque chose qu’on n’aime pas et c’est pour ça qu’on les traite au sein de l’usine ». Et le reste de la vidéo est du même tonneau !
Enseignement n°2…
Le blog du communicant. Olivier Cimelière. Juin 2022.
(2) Carton vert ou carton rouge : la réputation du PSG se fait tacler. Quelles solutions ?
Cela devait être une conférence de presse sportive entièrement dédiée à la prestigieuse affiche Paris Saint-Germain contre Juventus de Turin dans le cadre de la Ligue des Champions. Il n’en fut rien. Un journaliste trublion de LCI est venu glisser une question extra-sportive autour du fait que la formation parisienne n’effectuait jamais ses déplacements en train. Aussitôt s’emballe une véhémente polémique clouant au pilori le coach sportif du PSG, Christophe Galtier et l’attaquant vedette Kylian Mbappé pour les réponses à côté de la plaque. Analyse de cette séquence médiatique et des possibles sorties de crise pour la réputation du PSG.
Lundi 5 septembre. La conférence de presse du PSG à 24 heures de son match contre la Juve bat son plein. Soudain, Paul Larrouturou, journaliste à LCI et connu pour ses questions souvent espiègles, prend le micro et interpelle Christophe Galtier. Il lui demande alors si le train fera un jour partie des modes de transport des joueurs de la capitale. Long silence puis Kylian Mbappé s’esclaffe. Goguenard, il laisse son entraîneur répondre. Lequel reprend son sérieux et lâche ironique : « La société qui organise nos déplacements est en train de regarder si on ne peut pas se déplacer en char à voile » ! Gros blanc dans la salle où le journaliste relance le n°7 parisien sur l’usage des jets privés qui avoue ne rien en penser et se lève dans la foulée. La machine à claques et à buzz est aussitôt lancée sur les réseaux sociaux et les chaînes d’information continue.
Un terreau médiatique inflammable et prévisible…
Le blog du communicant. Olivier Cimelière. Septembre 2022.
3 réflexions sur « COMMUNICATION DE CRISE : QUELLES LECONS TIRER DE L’ACTUALITE ? »