Archives pour la catégorie médias et amplification du risque

DE TROP NOMBREUSES « AFFAIRES DEVRAIENT CONDUIRE NESTLE A S’INTERESSER A SA GESTION DU RISQUE ETHIQUE » (3). DERNIER REBONDISSEMENT : QUELLE AMPLIFICATION DU RISQUE POUR NESTLE ?

Ces quatre profils de FRM invisible, néo-institutionnelle, Business Partner et leurs rôles sont le résultat de mon travail de recherche ; ils sont à retrouver dans mon dernier article de recherche.

  • Qu’est-ce que l’amplification des risques ? 
  • Quels sont les deux principaux amplificateurs de risque ? 
  • Du dysfonctionnement du régulateur-législateur comme amplificateur de risque à un possible retour en force de celui-ci et au renchérissement induit de l’impact du risque éthique pour le groupe ?

Qu’est-ce que l’amplification des risques ? 

Le concept d’amplification sociale du risque (Kaperson et al.,1988) suggère que les risques sont amplifiés et instrumentalisés par des institutions telles que le régulateur-législateur et les médias. (Pidgeon et al, 2003). La manière dont les évènements sont perçus, classifiés, dramatisés, rendus visibles par ces institutions détermine leur importance dans les agendas de la gestion des risques.

Quels sont les deux principaux amplificateurs de risque ? 

Le rôle du régulateur-législateur a commencé en France avec la Loi de Sécurité Financière. Sur fond de scandales et de crise, les interventions du régulateur-législateur ont amené les entreprises à renforcer les systèmes de contrôle interne et de gestion des risques : loi du 3 juillet 2008, ordonnance du 8 décembre 2008 ; rapport du 8 décembre 2009 de l’AMF ; loi Sapin II du 9 décembre 2016…jusqu’aux récentes directives européennes concernant l’environnement, NRFD et CRSD par exemple.

Les couches du millefeuille n’ont cessé de « s’épaissir » : bloc constitutionnel, bloc conventionnel, bloc législatif, principes généraux du droit, bloc réglementaire.

Le contenu plus ou moins structurant des mesures prises par le régulateur-législateur est bien souvent à l’origine des logiques de sur-réaction ou de sous-réaction des entreprises.

Cet amplificateur de risques est détaillé p.53 à 65 de notre ouvrage disponible en version numérique sur le site de l’éditeur ; en version papier sur commande dans toutes les librairies ou sur le site de la FNAC, Amazon… « Risk Management. Organisation et positionnement de la Fonction Risk Manager. Méthodes et Gestion des risques. » Editions Gereso. 293 pages, 18,99 à 27 euros.

Les médias (« traditionnels », réseaux sociaux, alternatifs) jouent un rôle essentiel dans la diffusion d’informations et la propagation d’attitudes. Les contenus diffusés ont une influence déterminante sur l’opinion publique et son comportement. Les médias tendent à amplifier la notion de responsabilité du dirigeant en cas de négligence (au regard du principe de précaution / bloc constitutionnel) et les logiques de compensation.

Cet amplificateur de risques est détaillé p.65 à 72 de notre ouvrage (lien ci-dessus).

Du dysfonctionnement du régulateur-législateur comme amplificateur de risque à un possible retour en force de celui-ci et au renchérissement induit de l’impact du risque éthique pour le groupe ?

Comme je l’ai écrit dans la tribune du Monde : « Tous les amplificateurs de risque étaient présents : intervention du régulateur européen, fort écho dans les médias traditionnels et les réseaux sociaux, saisie des associations de consommateurs. Mais l’absence de préjudice avéré à la santé publique, la prudence du gouvernement soucieux de préserver deux mille emplois et embarrassé par les négociations menées il y a trois ans avec le groupe autour d’un plan d’actions sous contrôle des autorités sanitaires, une gestion de crise meilleure (aveu et mea-culpa des dirigeants) que lors du scandale Buitoni lui ont permis d’éviter une catastrophe économique, un scandale et de lourdes sanctions. Mais le groupe n’aura peut-être pas la même chance avec la mise en examen en juillet de Nestlé France et de sa filiale fabriquant les pizzas Buitoni contaminées. »

La commission d’enquête lancée par le Sénat le 6 novembre 2024 et relayée par les médias remet le régulateur-législateur au centre de « l’affaire » et relance la question du renchérissement du coût et donc de l’impact de celle-ci sur le groupe Nestlé.

L’article ci-dessous détaille ce nouveau rebondissement et met en évidence les deux amplificateurs.

A suivre.  

Le Sénat lance une commission d’enquête sur le scandale des eaux de Nestlé

La Chambre haute a validé mercredi soir la création d’une commission d’enquête sur « les pratiques des industriels de l’eau embouteillée » et « les défaillances administratives et gouvernementales dans le contrôle des autorités publiques en la matière ». L’affaire va « au-delà de tout ce qui avait été imaginé », selon les sénateurs.

Le Sénat juge nécessaire de « confronter publiquement Nestlé Waters et tous les autres industriels en cause ».

Nouveau rebondissement dans l’affaire du scandale des eaux en bouteille de Nestlé. « Cela va au-delà de tout ce qu’on avait imaginé. On parle désormais de contamination après traitement. On doit faire le point sur l’ensemble des risques liés à l’utilisation massive de techniques prohibées », déclare le Sénat dans un communiqué.

C’est pourquoi la chambre a décidé dans la soirée du 6 novembre de créer une commission d’enquête sur le sujet. Elle « fait suite à l’utilisation du droit de tirage du groupe socialiste, écologiste et républicain, décidée dans le sillage des enquêtes journalistiques de Mediacités, Radio France, ‘Le Monde’ et Mediapart, ainsi qu’à l’impulsion du sénateur de l’Oise, Alexandre Ouizille, et de ses collègues », indique le Sénat. Alexandre Ouizille sera le rapporteur de la commission d’enquête.

Pour ce dernier, l’intérêt de la commission d’enquête ne cesse de se renforcer. « On pensait n’avoir affaire qu’à une tromperie commerciale, mais non. C’est l’hydre de Lerne. Chaque révélation fait surgir une nouvelle tête : une dimension sanitaire d’ampleur s’affirme ainsi qu’une menace écologique d’ampleur pour la ressource. »

Le Sénat juge nécessaire de « confronter publiquement Nestlé Waters et tous les autres industriels en cause ». En effet, « une autre dimension économique s’affirme de plus en plus : celle des risques sanitaires, économiques, écologiques et administratifs liés à l’exploitation de l’eau embouteillée en France ». Pour le sénateur Ouizille, « la révélation de présence d’arsenic dans les eaux minérales naturelles de Nestlé Waters à des niveaux de concentration non réglementaires change tout ».

Quatre missions

Dans ces conditions, le Sénat fixe quatre missions à la commission d’enquête. Elle devra examiner l’ensemble des risques, surtout sanitaires, économiques et écologiques, liés aux techniques interdites utilisées par les industriels de l’eau en France.

Ensuite, elle examinera avec soin la connaissance qu’avaient les membres du gouvernement de ces pratiques et les réponses entreprises à la suite du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales de juillet 2022 et des rapports des agences régionales de santé (ARS), de la DGCCRF, de l’Anses et d’autres services d’exploitation de l’eau en bouteille en France.

 « Les ministres Pannier-Runacher, Véran et Borne doivent rendre des comptes publiquement devant le Parlement et devant les Français. C’est bien beau de demander des rapports, mais si c’est pour les enterrer dans la foulée, cela pose des questions sérieuses », dit encore le Sénat.

La commission d’enquête s’interrogera aussi sur les ordres donnés aux agences de contrôle, la disparité d’action des ARS, selon la localisation des sources. Ainsi que sur l’absence de sanctions malgré les alertes de la DGCCRF. Elle se penchera enfin sur « l’accaparement des sources par des acteurs industriels et les impacts potentiels de cette exploitation sur la durabilité de la ressource ».

Marie-Josée Cougard

Publié le 7 nov. 2024

RISQUE DE REPUTATION : GUERLAIN et LES AUTRES… DEFINIR. ANALYSER. FAIRE UN RETOUR D’EXPERIENCE et des PRECONISATIONS de Gestion des risques et de Communication de crise.

  • Questionner la démarche de gestion des risques des organisations et la communication de crise qui lui est étroitement liée. Non pas pour « crier au loup » mais pour rappeler ce qu’est un risque de réputation, analyser ce risque (description, causes, conséquences), faire un retour d’expérience.
  • Faire des préconisations pour une meilleure gestion des risques et une meilleure communication de crises.

Questionner la démarche de gestion des risques des organisations et la communication de crise qui lui est étroitement liée.

Nicolas Dufour et moi-même reprenons la définition de Rayner (2003) : le risque de réputation concerne « toute action, évènement ou circonstance qui pourrait avoir un impact positif ou négatif sur la réputation d’un organisme…ou encore… comme un ensemble de perceptions et opinions présentes ou passées sur un organisme, nichées dans la conscience des parties prenantes. » (Voir ouvrage, p.38-40).

AF-KLM : chemise arrachée du DRH ; Lidl : retrait de la croix orthodoxe d’une église sur un packaging ; Dove : détournement d’une vidéo publicitaire utilisant la technique du morphing ; PSG : évocation d’un déplacement en char à voile ; Guerlain : utilisation du terme quantique. 

Bien souvent les mêmes : décalage technique (pas de tests d’impacts effectués, manque d’adaptation des annonceurs aux réseaux sociaux) ; décalage culturel (subjectivité et perception du risque non prises en compte, absence de veille) ; défaillance du processus opérationnel, défaillance du processus décisionnel (marketing, communication),

Les médias sont identifiés comme un des amplificateurs de risques – rôle encore amplifié par les réseaux sociaux (instantanéité, échelle mondiale) -. Nous présentons les médias comme un des deux amplificateurs du risque qui a contribué à mettre en place l’image d’un monde plus risqué : « les médias tendent à amplifier la notion de responsabilité du dirigeant en cas de négligence et les logiques de compensation…Ces évolutions rendent les entreprises plus vulnérables et le risque est partout mais ce qu’elles craignent le plus, c’est la perte de réputation. » (Voir ouvrage p.65-70).

Son impact sur les organisations qui en sont victimes, même sans dimension éthique, est fort, voire très fort : d’un bad buzz a minima à une baisse de la valorisation boursière. (Voir ouvrage / AF-KLM, Lidl, Dove, p.65-70 ; voir article ci-dessous ; voir blog « What Price Reputation ? Impact d’une dégradation de l’image sur la valorisation boursière. », janvier 2020).

La gestion de crises est ce qui arrive une fois que le risque s’est réalisé – une fois qu’il est trop tard pour le RM -. Un RM me disait : « pour moi il faut faire très attention, la plupart du temps, la gestion de crise, la communication de crise ne fait pas partie des descriptions de postes, c’est un tout autre métier. La gestion de risques est vraiment la préparation de tout avant, mais lors des événements se sont des spécialistes opérationnels qui prennent le relais, et surtout en communication de crise…» Pour autant, les sujets sont proches voire reliés. Les exemples de communication ratée sont nombreux.

Dans l’article d’Olivier Cimelière que vous pouvez lire dans son intégralité sur son blog, le blog du communicant, en cliquant sur son titre, vous retrouverez la description du risque de réputation de Guerlain / les causes et les conséquences de celui-ci / l’amplification du risque par les médias / la communication ratée de l’organisation. Je vous propose ci-dessous le début de l’article.

Guerlain : Une crise réputationnelle qui ne passe pas crème !

Début d’année mouvementé pour le parfumeur Guerlain qui fait partie du groupe LVMH. Alors même qu’il annonce le lancement imminent de sa toute nouvelle et révolutionnaire crème réparatrice baptisée « Orchidée Impériale Gold Nobile », cette dernière se retrouve aussitôt sous la mitraille des critiques et des moqueries sur les réseaux sociaux et dans les médias. En cause ? L’utilisation du terme scientifique « quantique » pour vanter les propriétés régénératrices de son onguent ainsi qu’en arrière-plan, l’astronomique coût de son pot de 50 ml fixé à 650 €. La marque cosmétique reste pourtant droite dans ses bottes en dépit d’un risque patent de passer pour un charlatan abusif. Décryptage d’une communication de crise maladroite.

La promesse est pourtant alléchante pour qui veut atténuer le poids des ans que nos dermes finissent par inexorablement accuser. Sur la page d’accueil (première version corrigée depuis) de sa dernière trouvaille en matière de crème, Guerlain n’y va pas par quatre chemins : « L’incarnation d’un luxe rare et exclusif. Orchidée impériale Gold Nobile est la dernière avancée de la ligne de soins complets d’exception Orchidée impériale. Après 20 ans de recherche, Guerlain crée Orchidée impériale Gold Nobile et révèle une nouvelle voie de réjuvénation cosmétique pour la peau née de la science quantique. Enrichie d’une orchidée prodige de lumière, la Gold Nobile, la technologie Gold Quantum aide à restaurer la lumière quantique d’une cellule jeune et amplifie la réjuvénation de la peau sur les signes marqueurs de jeunesse et de lumière ». Ce texte assez sidérant n’émane pas d’un marabout comme il en existe quantité sur Internet mais d’une marque célèbre détenue par un non moins célèbre empire industriel français.

Autopsie d’un bullshit marketing…

Blog du Communicant. O. Cimelière. Janvier 2024

MON ACTUALITE. PRESENTATION INTRODUCTIVE « RISQUE(S), UNE CONTEXTUALISATION. » CONGRES « RISQUES, RESPONSABILITES, RESILENCE ». ASSOCIATION AACUE.

🏆 Très heureuse d’avoir partagé avec des agents comptables mes connaissances dans le domaine du RISQUE

🗼 Comment ? Une présentation intitulée « Risque(s), une contextualisation ».  Un objectif : apporter des éléments de compréhension / de contextualisation sur la thématique du risque et des risques. Que les agents comptables pourront mobiliser pour mieux appréhender les interventions des deux jours du colloque qui portent, elles, sur des risques ciblés. Risque épidémiologique, risque environnemental, risques psychosociaux, par exemple. Qu’ils pourront mobiliser pour identifier les risques auxquels ils font face : faux ordres de virement…

🗼 En trois points : Qu’est-ce que le risque ? Pourquoi et comment le risque est-il devenu une variable stratégique de la réflexion des organisations ? Comment caractériser le risque ?

🗼 Où ? Eux, à Dijon ; moi, à distance depuis Toulouse

🗼 Quand ? Le 1er juin 2023 ; dans le cadre du Colloque Risques, Responsabilités, Résilience de l’Association des Agents Comptables d’Universités et Etablissements (AACUE)

🗼 Pour qui ? Des agents comptables d’universités et d’établissements concernés par les risques et leur gestion car :

  • confrontés aux risques dans leur quotidien ;
  • placés en première ligne face aux nouveaux risques.

Un grand merci à Mr Morales, président de l’AACUE pour cette opportunité. Un grand merci aux agents comptables pour leurs questions.

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LAFARGE : SANCTIONS LOURDES POUR AVOIR AIDE DES GROUPES TERRORISTES. RISQUE ETHIQUE DANS SA DIMENSION GOUVERNANCE. AMPLIFICATION DU RISQUE. SANCTIONS. ERM ET CREATION DE VALEUR. CQFD…

Pour tous ceux qui pensent encore que la démarche de gestion des risques n’est pas créatrice de valeur, un retour sur « l’affaire » Lafarge.

Voici plusieurs années que je me réfère à « l’affaire » Lafarge sur mon blog et auprès des étudiants de Master pour :

  • illustrer dans la catégorie Risque Nouveau, le risque éthique dans sa dimension gouvernance / et revenir en même temps sur l’identification en trois temps d’un risque (étape 2 de la démarche de gestion des risques)
  • présentation du risque
  • causes de celui-ci (probabilité
  • conséquences de celui-ci (impact)

Octobre 2022, la sanction est tombée.

O.Roubin écrivait le 21 octobre : « La sanction du Department of Justice (DOJ) contre Lafarge pour ses activités et des flux financiers en Syrie avec des groupes terroristes est tombée : 91M$ d’amende et 687M$ saisis. Sans compter la poursuite de la procédure en France. Lafarge a souligné que le DOJ a reconnu que le groupe avait mis en place des procédures de contrôle appropriées pour désormais détecter, et éviter, toute conduite de cette nature et avait en conséquence estimé qu’il n’était « pas nécessaire » de nommer un contrôleur indépendant.
Des grands groupes persistent à penser que la compliance coûte trop cher et qu’il n’est pas opportun d’investir en l’absence de sanction… Voici une nouvelle confirmation que la non-compliance peut coûter encore plus cher, jusqu’à la disparition possible d’une organisation suites aux sanctions et aux poursuites. »

Pour découvrir ou revenir sur la genèse de cette affaire.

Relire sur le blog deux articles très intéressants de septembre 2021 qui illustrent le risque éthique dans sa dimension gouvernance à travers la mise en examen du groupe Lafarge pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre de ses activités en Syrie entre 2011 et 2014, et plus particulièrement des accords financiers passés avec des groupes armés ;

Lire une synthèse très pédagogique présentée en exposé par un groupe d’étudiants du M1 MER / MRSE de l’Université Paul Sabatier – Toulouse 3 ; ci-dessous le PP intitulé « Lafarge dans le bourbier syrien » réalisé à partir d’une revue de presse dont les éléments sont cités en source. Merci à eux d’avoir accepté que je le partage sur le blog.

COMMUNICATION DE CRISE : QUELLES LECONS TIRER DE L’ACTUALITE ? (2) AMELIORER SA COMMUNICATION DE CRISE

Pour commencer :

  • De bonnes fêtes de fin d’année à tous ; rendez-vous en 2023 🎄
  • Des liens vers les posts déjà écrits sur ce sujet et disponibles sur le blog

Communication de crise : quelles leçon tirer de l’actualité ?

L’impact d’une dégradation de la réputation sur la valorisation boursière organisation 

L’importance de l’anticipation et des exemples de plans d’actions pour mieux gérer les crises

La (non)communication de crise de Nike

  • Des indications de lecture dans notre ouvrage (Aubry ; Dufour)

« RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES »

https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/risk-management-fris2.html

Risque de réputation : p.38-40

Amplification du risque par les médias et exemples d’affaires médiatisées : p.65-72

(Non) communication de crise de Nike : p. 80-84

Méthodes et outils face à l’urgence : gestion de crise : p.190-213

  • Des ressources pour adopter les outils d’une bonne communication de crise à travers :

L’interview par E. Hervé du directeur de la communication de Bouygues sur sa vision de la communication en temps de crise

La proposition d’une autre forme de communication.

Communiquer en temps de crise avec Pierre Auberger, directeur de la communication du groupe Bouygues

Pierre Auberger est le directeur de la communication du groupe Bouygues depuis maintenant 13 ans. Après un début de carrière en marketing et vente chez Danone, c’est finalement vers la communication qu’il se tourne en rejoignant le Groupe Bouygues.

Membre du comité de direction du groupe, il nous éclaire sur les enjeux actuels de la communication.

Qu’est-ce que la crise pour vous ? Pour le groupe Bouygues ?

D’un point de vue académique, la définition d’une crise me semble assez simple : la convocation d’une cellule de crise se décrète quand il y a un impact sur la réputation de l’entreprise, de ses dirigeants et éventuellement sur le cours de l’action. Il faut savoir évaluer la dangerosité d’un événement pour déclencher la cellule de crise et le process qui va avec.

Il faut ensuite déterminer le niveau de la crise et la gérer au bon niveau : ne pas sur-gérer et ne pas sous-gérer non plus. Une crise qui doit être traitée au niveau local doit rester au niveau local et ne pas aller au niveau national et inversement.

Des crises, nous en avons objectivement souvent chez Bouygues, de plus ou moins grande ampleur. Celle qui m’a le plus marqué, c’est l’annonce de la fausse mort de Martin Bouygues. Ce dysfonctionnement total de l’AFP a été un coup de tonnerre dans un ciel bleu : un samedi après-midi de fin février 2015, l’AFP annonce, dans un communiqué de presse, la mort de Martin Bouygues. S’ensuit alors une communication d’une grande violence qui a été reprise dans tous les médias du monde entier. À notre grande stupéfaction, on nous annonce qu’il serait décédé dans sa maison dans l’Orne, alors qu’il n’en avait pas ! Cinq minutes après, sa fiche Wikipédia avait déjà été modifiée.

Le contexte était particulier : c’était la fin des vacances scolaires et les interlocuteurs de l’AFP n’étaient donc pas nos interlocuteurs habituels et n’ont pas procédé aux vérifications d’usage.

J’étais en Bretagne ce week-end-là. Je n’avais pas mon téléphone à proximité. Je vais le récupérer après le déjeuner et je vois 8 appels en absence et des messages de condoléances. En remontant, j’avais un premier message à 14h05 qui me demandait de rappeler l’AFP. Une de mes filles m’appelle alors et me dit qu’on annonce la mort de Martin Bouygues à la radio. Je tombe de ma chaise. Je l’avais quitté la veille en bonne santé et il était parti prendre une semaine de vacances en Thalasso à Quiberon. Quand on vous annonce la mort de quelqu’un, le premier réflexe n’est pas de l’appeler pour vérifier l’information. Et il y avait un tel matraquage médiatique que j’y ai cru. J’ai alors réussi à contacter le directeur général délégué du Groupe qui m’a rassuré.

C’est difficile parce qu’il y a un côté très émotionnel, parce qu’on vous demande à vous, qui êtes un très proche collaborateur de Martin Bouygues, de réagir sur un sujet qui vous touche personnellement. Vous êtes assailli d’appels, internes et externes au groupe. Il a fallu gérer à distance, faire un communiqué de presse, un tweet de démenti… Nous avons mis environ 30 minutes à publier un démenti. Dans ce type de crise, la difficulté est d’aller à la source pour vérifier l’information, et de gérer avec expertise et efficacité une forme de chaos, de garder votre sang-froid alors que vous êtes touché personnellement…

Comment faire pour atténuer les conséquences de fausses informations ? 

À ce jour, à l’exception de l’événement dont on vient de parler, je n’ai pas eu de fake news importantes à gérer. À la suite de l’affaire de Vinci (rédaction de faux communiqués), nous avons décidé de faire certifier nos communiqués de presse par la blockchain avec Wiztrust. C’est-à-dire que tous nos communiqués sont estampillés Wiztrust pour que les médias puissent en vérifier l’authenticité grâce à l’émission d’un certificat. Nous encourageons aussi les journalistes à nous contacter avant de publier leurs informations, et nous entretenons des relations étroites avec les grandes agences de presse.

Les fake news, il faut leur tordre le cou. Pour cela, il faut avoir une veille forte, afin de déceler en temps réel les informations étonnantes. Ensuite, il faut un plan pour réagir de manière mesurée et efficace. La presse et les réseaux sociaux sont aujourd’hui interconnectés : quand la presse communique sur ses propres médias ou sur les réseaux sociaux, ça donne une crédibilité plus forte que quelqu’un sur Twitter. La majeure partie du volume d’information passe sur les réseaux sociaux : la probabilité que vous gériez la situation par ce canal est très importante aujourd’hui. C’est un sujet majeur que nous n’avions pas à gérer, il y a une dizaine d’années. Il faut donc de bons outils de veille et une bonne capacité de réaction.

Comment la veille est-elle organisée chez Bouygues ?

Nous avons plusieurs types de veilles : d’abord une veille classique avec des alertes et des revues de presse. Nous avons des veilles médias qui sont assurées par Kantar qui nous envoie tous les matins à 7h30-8h une proposition de revue de presse. Nous la corrigeons, nous la décortiquons puis nous la renvoyons à 8h30 aux 150 top managers du groupe. Chaque filiale a sa propre revue de presse, mais les 150 top managers ont une revue transversale tous les matins.

Nous avons une deuxième veille numérique avec des mots clef pour voir ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Nous avons par ailleurs une veille presse avec des abonnements à toutes les dépêches des grandes agences que nous relayons aux dirigeants du groupe. Cela inclut une veille sur la télévision et la radio.

En temps de crise, nous mettons en place des veilles complémentaires en lien avec la situation.

Interview Emmanuelle Hervé

Les leaders les plus efficaces peuvent-ils activer d’autres leviers que ceux promus par la Silicon Valley ? À ce jeu-là, les méthodes de Jacinda Ardern sont intéressantes à décrypter.

Extrait – cliquer sur le titre pour le lire dans son intégralité

Dans le paysage politique international, on aurait tort de penser qu’il n’y a de place que pour les nervosités brutales des Poutine et autres Bolsonaro. La crise du coronavirus a confirmé que certains des dirigeants les plus efficaces sont à l’opposé des méthodes les plus bruyantes.

Dans ce registre, la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern s’est montrée particulièrement remarquable.

Elle avait déjà été internationalement saluée pour sa gestion des attaques perpétrées contre les mosquées de Christchurch en mars 2019. Pour sortir son pays de l’épidémie du Covid, la quarantenaire a effectué une nouvelle fois un travail efficace.

Les mesures de confinement ont été prises très tôt et de manière très stricte. Elles ont été soutenues par la mise en place d’une campagne massive de tests. Lors de la première vague, en quatre semaines, la Nouvelle-Zélande avait presque éliminé le coronavirus de son territoire, et n’a eu à déplorer qu’une quinzaine de décès.

Alors, quelles leçons tirer du leadership de Jacinda Ardern ? On fait le point.

Un leadership à hauteur d’Homme

Et si être à la hauteur consistait surtout à se mettre à la hauteur de ses troupes ? C’est le choix de Jacinda Ardern qui ne se place jamais au-dessus du lot, et fait toujours corps avec ses concitoyens. Et elle le prouve.

Pour montrer sa solidarité avec ceux qui éprouvent des difficultés financières, elle et ses ministres ont annoncé qu’ils allaient baisser leur salaire de 20%. Quand Jacinda Ardern intervient à la télévision, elle n’hésite pas à se montrer dans le même état d’urgence que tout le monde. Alors que le pays allait entrer en confinement, elle s’est adressée aux gens depuis le canapé de son salon. Elle venait de mettre au lit sa fille de deux ans, et s’excusait de porter ce qui semblait bien être un survêtement. « Excusez ma tenue décontractée, cela peut devenir une affaire compliquée de mettre les tout-petits au lit. » On est très loin des ors de la République et de l’hymne national. Ici, Jacinda Ardern n’empoigne pas les attributs supposés du pouvoir, elle vit ce que traverse la nation.

No bullshit, cap sur la confiance

L’ADN. Béatrice Sutter.

COMMUNICATION DE CRISE : QUELLES LECONS TIRER DE L’ACTUALITE ?

C’est comme souvent l’actualité qui a guidé le choix de ma thématique pour les posts à venir.

BALANCIAGA
Après avoir posté une campagne publicitaire de Noël mettant en scène des enfants sur le thème du « bondage », la marque Balenciaga a fait polémique sur les réseaux sociaux.
Hier soir, la marque de luxe s’est excusée tout en incriminant son agence de communication.
En crise, il est clé de prendre ses responsabilités – rejeter la faute sur des tiers peut avoir pour effet d’exacerber la crise. La preuve en est : aujourd’hui Balenciaga a supprimé la totalité de ses posts instagram face à la crise.

Comme le rappelle E.Hervé : « C’est pas de ma faute » en crise : un des sept péchés capitaux ! 

Vous trouverez dans les posts à venir :

  • Des liens vers des posts déjà écrits sur ce sujet et disponibles sur le blog

L’impact d’une dégradation de la réputation sur la valorisation boursière organisation 

L’importance de l’anticipation et des exemples de plans d’actions pour mieux gérer les crises

La (non)communication de crise de Nike

  • Des indications de lecture dans notre ouvrage

« RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. » https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/risk-management-fris2.html

  1. Risque de réputation : p.38-40
  2. Amplification du risque par les médias et exemples d’affaires médiatisées : p.65-72
  3. (Non) communication de crise de Nike : p. 80-84
  4. Méthodes et outils face à l’urgence : gestion de crise : p.190-213
  • Des ressources pour adopter les outils d’une bonne communication de crise à travers :
  1. Un extrait d’un article passionnant sur les leçons à tirer de la crise Buitoni et Kinder ; écrit par Olivier Cimelière, que vous pouvez lire dans son intégralité sur son blog, le blog du communicant, en cliquant sur son titre.
  2. Un extrait d’un article du même auteur, disponible selon les mêmes modalités, sur les solutions pour rétablir la réputation du PSG suite à l’affaire du « char à voile »
  3. L’interview par E. Hervé du directeur de la communication de Bouygues sur sa vision de la communication en temps de crise
  4. La proposition d’une autre forme de communication.

(1) Scandales alimentaires Kinder & Buitoni : quelles leçons tirer pour la communication de crise ?

Enseignement n°1 : Jouer cartes sur table plutôt qu’ergoter

Très rapidement, les industriels vont accumuler des couacs de communication et se voir alors battus en brèche dans leurs annonces par les autorités sanitaires. Le 7 avril, Ferrero publie un deuxième communiqué qui précise que d’autres bonbons Kinder produits à Arlon rejoignent la liste des produits retirés du marché. Du bout des lèvres, la marque admet qu’elle avait identifié la présence de salmonelles sur son site industriel le 15 décembre 2021 et qu’elle avait pris des mesures correctrices. Elle se félicite enfin de sa collaboration avec les autorités de sécurité alimentaire et de santé publique.

Ces dernières n’ont pourtant visiblement pas la même lecture quant à la volonté de l’industriel de circonscrire le problème. Dès le lendemain, l’agence de sécurité alimentaire belge (AFSCA) choisit d’employer la manière forte : l’arrêt de la production de l’usine à l’origine de contaminations à la salmonellose. En guise d’explications, elle ajoute : « Après investigations (…) et suite aux constats de ces dernières heures que les infos fournies par Ferrero sont incomplètes, l’Agence procède aujourd’hui au retrait d’autorisation de l’usine de production de Ferrero d’Arlon » tout en soulignant qu’un lien entre les centaines d’intoxications en Europe et l’usine avait été établi fin mars.

De l’autre côté de la frontière à Caudry, la pression augmente également sur l’usine suspectée. Les 22 et 29 mars, la direction départementale de la protection de la population effectue deux inspections dans les locaux et formule son constat : « de nombreuses anomalies graves en matière de nettoyage et d’entretien général des locaux et matériels (…) la présence de rongeurs au niveau de l’atelier boulangerie ». Dans l’intervalle, une enquête préliminaire pour « homicides involontaires, tromperie et mise en danger d’autrui » est ouverte et confiée au parquet de Paris tandis qu’en interne, d’anciens salariés du site et des représentants syndicaux commencent à grogner et dénoncer la non-prise en compte d’alertes récentes comme notamment celle émise par la DGCCRF avec un avertissement prononcé en septembre 2020 et une contre-visite en mars 2021 soulignant « des corrections sur certains points mais pas sur d’autres ».

Du côté de Nestlé, la maison-mère de Buitoni, la ligne de communication est minimaliste. Le géant suisse se retranche derrière la procédure judiciaire en cours pour éviter de communiquer : « Il s’agit d’une étape qui s’inscrit dans le cadre de l’enquête. Nous continuons à coopérer pleinement avec les autorités pour en assurer le bon déroulement. A ce stade, nous ne sommes pas en mesure de partager plus d’informations. Nous souhaitons réaffirmer que la sécurité et la qualité de nos produits sont nos premières priorités ».

Seule concession communicante le 30 mars : la mise en ligne d’une vidéo de Jérôme Jaton, directeur général industriel de Nestlé France qui répond depuis le site de Caudry à différentes questions relatives à la crise en cours. L’effort est louable mais les réponses quelque peu lapidaires. A la question « à votre connaissance, quels sont les dangers de cette contamination pour la santé ? », il répond embarrassé : « Je ne suis pas médecin mais clairement, la bactérie E-Coli, c’est quelque chose qu’on n’aime pas et c’est pour ça qu’on les traite au sein de l’usine ». Et le reste de la vidéo est du même tonneau !

Enseignement n°2…

Le blog du communicant. Olivier Cimelière. Juin 2022.

(2) Carton vert ou carton rouge : la réputation du PSG se fait tacler. Quelles solutions ?

Cela devait être une conférence de presse sportive entièrement dédiée à la prestigieuse affiche Paris Saint-Germain contre Juventus de Turin dans le cadre de la Ligue des Champions. Il n’en fut rien. Un journaliste trublion de LCI est venu glisser une question extra-sportive autour du fait que la formation parisienne n’effectuait jamais ses déplacements en train. Aussitôt s’emballe une véhémente polémique clouant au pilori le coach sportif du PSG, Christophe Galtier et l’attaquant vedette Kylian Mbappé pour les réponses à côté de la plaque. Analyse de cette séquence médiatique et des possibles sorties de crise pour la réputation du PSG.

Lundi 5 septembre. La conférence de presse du PSG à 24 heures de son match contre la Juve bat son plein. Soudain, Paul Larrouturou, journaliste à LCI et connu pour ses questions souvent espiègles, prend le micro et interpelle Christophe Galtier. Il lui demande alors si le train fera un jour partie des modes de transport des joueurs de la capitale. Long silence puis Kylian Mbappé s’esclaffe. Goguenard, il laisse son entraîneur répondre. Lequel reprend son sérieux et lâche ironique : « La société qui organise nos déplacements est en train de regarder si on ne peut pas se déplacer en char à voile » ! Gros blanc dans la salle où le journaliste relance le n°7 parisien sur l’usage des jets privés qui avoue ne rien en penser et se lève dans la foulée. La machine à claques et à buzz est aussitôt lancée sur les réseaux sociaux et les chaînes d’information continue.

Un terreau médiatique inflammable et prévisible

Le blog du communicant. Olivier Cimelière. Septembre 2022.

Analyse des Risques : une façon d’analyser l’ampleur des risques ou comment parler de l’ampleur des risques (2). Le risque géopolitique

L’actualité témoigne d’une ampleur inédite des risques sous l’effet des cinq facteurs à l’œuvre depuis les années quatre-vingt-dix, qui fait aujourd’hui de sa gestion une variable stratégique de la réflexion des organisations.

🏁 Un ouvrage / « Risk Management. Organisation et Positionnement de la Fonction Risk Manager. Méthodes de Gestion des Risques. » / Paru le 9 juin 2022 / Editions Gereso. https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/risk-management-fris2.html

Sites FNAC…

Il s’agit de :

La 2ème édition de notre ouvrage « La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et Positionnement » (Editions Gereso, 2019)

Avec un titre plus « large » / La Fonction Risk Manager / La démarche de Gestion des Risques

 Avec de nouveaux exemples :

Comme, dans le chapitre I « Définition des notions et contextualisation de la Fonction Risk Manager, celui intitulé « Du Risque incendie au Risque éthique : l’incendie de l’usine Lubrizol »

Pour illustrer

  • l’imbrication des facteurs déjà mis en œuvre depuis les années quatre-vingt-dix
  • la transversalité du risque.

🎯 Aujourd’hui, après « Risque Ethique et Risque de Réputation » paru sur le blog (https://gestiondesrisques.net/), je vous propose un autre exemple à travers une analyse du risque géopolitique

  Mêmes facteurs : élargissement du domaine de la gestion des risques / subjectivité et perception du risque / amplification du risque par les médias / le régulateur-législateur / réticence des assureurs à l’assurer

Transversalité du risque : Géopolitique / Cyber-sécurité / Supply Chain

🏅Testez cette grille de lecture sur les risques du Top Ten des baromètres de risques –  cyber-risque/risque sanitaire… – ; sur les affaires – Incendie de l’usine Lubrizol…-.

Le risque géopolitique au centre des préoccupations

N° 13 dans le baromètre Allianz 2022 mais N° 4 dans le Top 10 des risques opérationnels / Enquête RiskIn, 2022. Sans surprise, il est en hausse de plusieurs places cette année.

🔄Un risque transversal

Ci-dessous un aperçu de l’enquête :

« L’invasion de l’Ukraine, les sanctions occidentales et la réponse russe entraînent une forte augmentation des risques liés à la cybersécurité et à la chaîne d’approvisionnement.

Le directeur des risques d’un grand gestionnaire d’actifs européen résume succinctement l’impact de la guerre dévastatrice de la Russie en Ukraine sur le profil de risque opérationnel de son entreprise : « Nous avons la guerre en Europe. Pas seulement de petits moments : des choses qui font entièrement bouger notre entreprise. » Et bien que les votes de l’enquête annuelle Top 10 des risques opérationnels de Risk.net aient été exprimés à l’avènement – dans un climat de détérioration des relations et de rassemblement des troupes russes aux frontières de l’Ukraine – la guerre et ses conséquences ont jeté une ombre horrible sur les résultats de cette année.

Le risque global d’une augmentation des cyberattaques parrainées par l’État en réponse aux sanctions est « une probabilité », déclare un responsable du cyber-risque. Cependant, l’impact de l’instabilité mondiale a des ramifications potentielles beaucoup plus larges pour le profil de menace de sa banque, ajoute le dirigeant : « Je ne prendrais pas seulement ce cas pour mélanger les deux entièrement – le risque géopolitique a [un] élément cyber, mais aussi la chaîne d’approvisionnement ». Et des éléments de résilience aussi. »

La résilience est la capacité à maintenir des services ou des opérations critiques pendant les périodes de perturbation. Les attentes ont été formalisées par les principes de résilience des régulateurs britanniques – qui devraient entrer en vigueur fin mars 2022 – et ont été testées dans le monde réel sous la forme de la pandémie de Covid-19, ainsi que la menace très réelle de pannes frappant les réseaux de paiement. Et d’autres éléments clés de l’infrastructure mondiale à la suite de l’invasion de l’Ukraine.

Ouvrage, disponible aujourd’hui 9 juin 2022, « RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. »

Professionnels qui souhaitez découvrir ou approfondir vos connaissances sur le Risk Management et la Fonction Risk Manager : un ouvrage, disponible aujourd’hui 9 juin 2022, « RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. »
🏁 Il est disponible aujourd’hui, 9 juin 2022 / Sur le site de GERESO Editions, collection Management https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/risk-management-fris2.html
/ Sur les sites de la FNAC, AMAZON… 

🎯 Il s’agit de :
La 2ème édition de notre ouvrage 📖  « La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et Positionnement » / paru chez Gereso Editions / en 2019 / labellisé FNEGE dans la catégorie Manuel en 2020
✅ Avec un titre plus « large » / La Fonction Risk Manager / La démarche de Gestion des Risques
✅ Avec des ajouts :
👉 Une nouvelle période d’analyse / de 2019 à aujourd’hui
👉 L’intégration des nouveaux enjeux :
  • la loi sur le devoir de vigilance
  • le risque éthique et le risque de réputation
  • le risque cyber, le risque de fraude et leur gestion
  • le rôle du Risk Manager face à la crise sanitaire du Covid 19

👉 De nouveaux exemples

👓 Pour ceux qui découvrent notre ouvrage, vous y trouverez : 
✅ Un panorama complet de votre fonction (activité, place dans l’organisation, compétences), de la démarche de gestion des risques et de ses outils
✅ Des préconisations pour faire évoluer la fonction
✅ Une double approche académique et de terrain, au niveau du contenu, de nos parcours professionnels, des personnalités qui nous ont fait l’honneur de rédiger la préface et la postface.  

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La Gestion de Crises (2). Anticipation et gestion de crises. Retour sur l’anticipation et proposition de plans d’actions (1).

Je vous propose un article écrit par R. de Vittoris. Il est en charge de la gestion de crise pour le groupe Michelin depuis plus de 7 ans. Il est également chercheur associé dans le laboratoire de recherche en management CleRMa. Un double profil comme je les aime ! Il est enfin l’auteur de « Surmonter les crises » paru aux éditions Dunod.

Il revient dans cet article sur l’anticipation dans la gestion des crises mais va plus loin en proposant des plans d’actions destinés à en atténuer les limites et à l’améliorer.

L’ANTICIPATION. PRÉVOIR LE FUTUR : ÉTABLIR DES PROCESSUS ET OUTILS ESSENTIELS POUR LA SURVIE DE L’ORGANISATION.

L’anticipation est un élément dont l’importance est systématiquement louée dans l’univers de la gestion de crise. S’il est aisé de concevoir le bénéfice d’une anticipation pertinente afin de préparer l’organisation à affronter l’évènement tout en évitant un maximum la perte de repères associée, il est beaucoup moins facile de saisir les limites floues d’une activité propice à l’expression des biais.
L’anticipation, littéralement « prendre avant », se base essentiellement sur la prévision du futur en vue d’un ajustement des actions et situations du présent. Dans l’univers incertain de la crise, il a été maintes fois établi du caractère fondamental de cette prévision du futur pour l’établissement des processus et outils essentiels pour la survie de l’organisation.

LE BESOIN D’ANTICIPATION N’A PLUS BESOIN D’ÊTRE CONFIRMÉ

Il permet de réduire à la fois :

  • l’ambiguïté (par des interprétations possibles d’un réel futur dont les manifestations parcellaires pourraient générer des incompréhensions et des pertes de repères) et
  • l’incertitude (fournir un spectre large des possibles permettant à l’organisation de se situer dans l’échelle des possibles). Cette proposition structurante de l’avenir, forcément inexacte, n’a pas pour objectif la précision mais la mise en place de repères garantissant une focalisation constante et une interprétation cohérente et collective des évènements.

Second bénéfice majeur, celui d’amorcer un mouvement.
Dans des états de procrastination, de sidération ou de panique, l’anticipation permet, par une perspective future (aussi inexacte soit-elle) positive ou négative, de forcer à amorcer l’action. C’est alors en perspective des situations à venir que des actions peuvent s’amorcer et des décisions se prendre.

IL EST ESSENTIEL DE TENIR COMPTE DES « NOUVELLES » CARACTÉRISTIQUES DU RÉEL.

Nos sociétés sont désormais le lieu d’interactions et d’échanges récurrents, parfois autodéterminés et non-linéaires d’organisations complexes. Cette complexité a une tendance à augmenter avec la progression technologique et l’élaboration des tâches et induit ainsi une propension statistique à l’apparition de défaillance.
En outre, le couplage étroit entre les activités des différents systèmes conduit à une propension, pour les défaillances, à se propager dans l’organisation et même au niveau des organisations environnantes. C’est en partie en raison de ces éléments que les nœuds évènementiels que sont les crises actuelles deviennent multi dimensionnelles et non plus typiques et catégorisables par familles comme les penseurs de la crise auraient pu l’envisager dans le passé.

IL CONVIENT, EN OUTRE, D’ADMETTRE LES LIMITES DE L’ANTICIPATION

L’anticipation consiste essentiellement à une élaboration conceptuelle de l’avenir.
Or les propositions sont le fruit d’un réarrangement des connaissances dans une proposition semblant plausible pour des situations futures. Ainsi, l’activité même d’anticipation repose sur l’induction avec toute la notion d’erreur cognitive qu’elle véhicule.
Dans ses ouvrages Taleb utilise l’exemple d’une dinde pour qui l’apparente linéarité de son existence l’aveugle de futurs alternatifs à cette linéarité (son exécution à la veille de Thanksgiving).

Il est donc difficile aux anticipateurs de s’affranchir du passé pour imaginer le futur et d’éviter ainsi tout biais inductif.

Cette difficulté s’ajoute d’ailleurs à une conséquence négative des schémas anticipatifs lorsqu’ils sont établis et partagés : la réduction du champ cognitif des cellules de crises qui se reposent d’abord (ou se focalisent) sur cette perspective de futur sans la challenger.

NOTRE PROPOSITION
  1. Soulager les acteurs en charge de l’anticipation de toute autre tâche afin de bénéficier au maximum de leur ouverture cognitive
  2. Singulariser des équipes dédiées dans un processus uniquement tourné vers des prospectives à court, moyen et long terme. Une telle approche collective de l’anticipation, par l’émulation et la conceptualisation / projection par rebond qu’elle génère enrichi les réflexions et propositions
  3. Impliquer des acteurs sans spécialisation stricte en lien avec la crise en cours ni d’orientation opérationnelle forte. Une telle approche permettra une plus grande objectivation et un plus grand recul de la démarche
  4. Baser son approche sur la loi de Murphy en s’interrogeant constamment à propos de « comment cela pourrait-il être pire ? »
  5. Impulser les réflexions sur des scenarii de rupture, bouleversant les idées préconçues ou les éléments tenus pour acquis. De ce fait, il est fondamental de ne pas s’imposer de restriction vis-à-vis de la plausibilité des projections.

Raphaël de Vittoris

GESTION DE CRISES (1). Contextualisation : gestion de crises et démarche de gestion des risques ; un exemple récent de communication de crise « brouillonne »

Un thème pour les quatre semaines à venir : LA GESTION DE CRISES

Un contenu par semaine.

  • Contextualisation : la gestion de crises et la démarche de gestion des risques ; un exemple récent de communication de crise « brouillonne »
  • Des solutions en trois opus : anticipation et gestion de crises. Retour sur l’anticipation et proposition de plans d’actions (1) ; anticipation et gestion de crises. Retour sur l’anticipation et proposition de plan d’actions (2) ; présentation d’un outil, le RETEX.

Contextualisation : la gestion de crises et la démarche de gestion des risques

Pour moi, la gestion de crises est ce qui arrive une fois que le risque s’est réalisé – une fois qu’il est trop tard pour le RM. Un RM me disait : « pour moi il faut faire très attention, la plupart du temps, la gestion de crise, la communication de crise ne fait pas partie des descriptions de postes, c’est un tout autre métier. La gestion de risques est vraiment la préparation de tout avant, mais lors des événements se sont des spécialistes opérationnels qui prennent le relais, et surtout en communication de crise…»

Pour autant, revenir sur la gestion de crises a sa place dans un ouvrage consacré à la Fonction Risk Manager https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html et dans un blog consacré aux risques, à la gestion des risques et à la Fonction Risk Manager tant les sujets sont proches voire reliés : le risque de réputation est devenu le « cauchemar » des organisations ; les médias sont identifiés comme un des amplificateurs de risques – rôle encore amplifié par les réseaux sociaux -.

Risque de Réputation. Définition

Nicolas Dufour et moi-même reprenons la définition de Rayner (2003) : « toute action, évènement ou circonstance qui pourrait avoir un impact positif ou négatif sur la réputation d’un organisme…ou encore… comme un ensemble de perceptions et opinions présentes ou passées sur un organisme, nichées dans la conscience des parties prenantes. »/ouvrage p.35.

Dans le blog, je reviens en :

  • septembre 2020 sur l’identification du risque de réputation à travers les affaires Nike : « Risque de réputation. Définition, illustration à travers les affaires Nike 1990-2000, 2020. » ;
  • janvier 2020 sur son impact : « What Price Reputation ? Impact d’une dégradation de l’image sur la valorisation boursière. »

Risque de Réputation. Les médias comme amplificateur de risque.

Nous présentons les médias comme un des deux amplificateurs du risque qui a contribué à mettre en place l’image d’un monde plus risqué : « les médias tendent à amplifier la notion de responsabilité du dirigeant en cas de négligence et les logiques de compensation…Ces évolutions rendent les entreprises plus vulnérables et le risque est partout mais ce qu’elles craignent le plus, c’est la perte de réputation. »/ouvrage p.58.

Risque de Réputation. Evolutions : e-réputation ; éthique

Les entreprises doivent de plus en plus compter avec la viralité des réseaux sociaux. Le risque de réputation croise de plus en plus le risque éthique dans sa dimension développement durable et de plus en plus dans sa dimension gouvernance (respect des engagements pris). Elles doivent soigner leur e-réputation. Le risque de réputation est exacerbé. Le rôle des médias et ces évolutions récentes (e-réputation/éthique de l’entreprise) sont très bien illustrés dans l’étude VISIBRAIN dont je vous propose un résumé dans le blog en décembre 2020.

Des exemples de gestion de crises et communications de crise « ratées ». Dans notre ouvrage, je vous propose les exemples de Total Raffinerie de la Mède, AF-KLM, Lidl, Dove, Lactalis ou encore Nike qui comptent parmi les plus médiatiques.

Je vous propose un article de Valéry Rieß-Marchive qui analyse la communication de crises externe confuse après une cyberattaque du groupe Hopps. Bien qu’en interne, l’information ait été honnête et rapide auprès des employés, la communication externe manquait de clarté et surtout de transparence, ce qui a été souligné par les médias et les réseaux sociaux. Un alignement de la communication entre toutes les parties prenantes est important afin de maintenir la confiance de ces dernières.

Un exemple récent de communication de crise « brouillonne »

Cyberattaque : Colis Privé donne l’exemple d’une communication de crise externe brouillonne

La maison-mère de Colis Privé, le groupe Hopps, a été victime d’une cyberattaque fin avril. Mais il s’est montré incapable d’assurer une communication externe juste. Alors qu’en interne, elle semble l’avoir été.

La communication de crise du groupe Hobbs, dont font partie Dispeo, Colis Privé, ou encore Adrexo, pourrait bien rester dans les annales comme illustration de ce qu’il ne faut pas faire vis-à-vis du public et de ses clients finaux, lorsque l’on est confronté à une cyberattaque.

L’information a commencé à filtrer le 25 avril, par le biais du syndicat C.A.T. d’Adrexo. À cette date, celui-ci évoquait sur son blog un « incident informatique » : « le réseau informatique de l’entreprise connaît des difficultés » ; « une partie des services informatiques sont actuellement à l’arrêt suite à un incident ». Le lendemain, les choses gagnent un peu en clarté : « informatique à l’arrêt ; cyberattaque confirmée », apprend-on… toujours du syndicat C.A.T. d’Adrexo. Ce dernier « félicit[e] la transparence dont l’entreprise a fait preuve dès ce matin, car nous pensons qu’il est prudent d’anticiper toutes les conséquences pratiques dès aujourd’hui ».

En interne, la communication trouve donc un écho positif. Mais à l’extérieur, la situation est toute autre. Sur Twitter, le message officiel est bien différent. Là, le 26 avril au matin, Colis Privé ne parle que d’un « incident technique » à la suite duquel « vous ne pouvez pas vous connecter sur le suivi de votre colis. Veuillez nous excuser de la gêne occasionnée ». Il faudra attendre le 29 avril, vers midi et demi, pour que le message change : « Colis Privé a été victime d’une cyberattaque ».

La communication extérieure officielle est à ce stade formalisée et répétée à l’envie : la cyberattaque « a été très rapidement contenue » ; « nos équipes et des experts externes travaillent ardemment à la résolution de cet incident ». Le lendemain, nos confrères de L’Usine Digitale n’ont rien de plus à se mettre sous la dent. Sur ses pages Facebook et LinkedIn, ou sur l’espace presse du groupe Hopps : rien ; silence complet sur l’incident.

Entre-temps, les critiques fusent depuis le 26 avril contre un Colis Privé muré dans le mutisme. L’annonce de la cyberattaque est même accueillie par certains consommateurs avec un doute non dissimulé. Et ce n’est guère une surprise. Car le groupe Hopps a commencé par chercher à minimiser la gravité de la situation, auprès du public, probablement en s’imaginant rassurer. Mais sans y parvenir. Ce faisant, il a semé le discrédit sur sa communication publique. D’où la défiance à son égard lorsqu’il a enfin reconnu la cyberattaque.

Mais là encore, le groupe s’évertue à minimiser la gravité de la situation, assurant que l’attaque « a été rapidement contenue » et parlant d’un incident « qui a pu occasionner quelques dysfonctionnements ». Pourquoi est-ce que cela ne passe pas ?

Notamment parce que côté syndicat, le message véhiculé le 26 avril ne laissait pas entrevoir un incident « rapidement contenu » : « pour Adrexo, les badgeuses ne fonctionnent pas, mais il en est de même pour l’ensemble des services informatiques sauf les messageries ». Qui plus est, « les routeurs ayant été débranchés dans les agences à la demande des services centraux, le réseau téléphonique filaire est également souvent à l’arrêt. Ceci veut aussi dire que l’entreprise ne peut plus facturer, gérer sa comptabilité ou éditer sa paie à ce jour ». Le 28 avril, le syndicat C.A.T. d’Adrexo expliquait que l’informatique du groupe était encore à l’arrêt et que la paie… serait assurée manuellement.

Ironie de la situation, en interne, selon un e-mail partagé par la CGT, la direction affirmait, le 27 avril, souhaiter « donner un maximum de visibilité quant aux actions en cours ». Le message est d’ailleurs détaillé et plutôt transparent, donnant aux équipes une vraie visibilité sur la feuille de route des équipes impliquées dans la réponse à incident.

Ce courriel est intéressant à un autre titre. Là, pas question de minimiser la gravité de la situation. Même si l’on retrouve la tentation classique de jouer la surenchère quant à la sophistication de l’agresseur : « nous avions jusqu’ici réussi à contrer les attaques dont nous avions pu faire l’objet ; il s’avère que celle que nous venons de subir est l’une des plus virulentes au niveau mondial ».

Le vendredi 30 avril au matin, si les consommateurs affectés n’ont toujours qu’une information en peau de chagrin, en interne, la transparence est encore de mise, avec la perspective d’une « reprise progressive des fonctions principales, essentielles à notre activité, à partir de mardi prochain [4 mai, donc, N.D.L.R.], et ce pour toutes les filiales du groupe ».

Mais attention : « le rétablissement intégral de nos solutions informatiques et la mise en place de nouveaux process organisationnels prendront du temps, et nous savons que les conséquences de cette cyberattaque pourront être longues à être entièrement absorbées ». Ce qui ne va pas sans contraster quelque peu avec le triomphalisme affiché au paragraphe précédent : « à l’échelle de l’attaque que nous avons subie, le délai de résolution de cet incident est un exploit ».

Quiconque a suivi, même de loin, les cyberattaques récentes mesure à quel point l’expérience peut être traumatisante… et qu’il est illusoire d’espérer retrouver des conditions opérationnelles normales en l’espace de seulement quelques jours. Mais à défaut de rassurer, les efforts de minimisation de la sévérité de la situation donnent donc l’image d’une communication externe brouillonne et d’un manque de préparation.

Bien loin, donc, d’une communication de crise comme celle d’un OVHcloud, par exemple, dont le PDG a su se montrer pleinement mobilisé, dans la durée, après l’incendie de l’un de ses centres de calcul. Ce qui apparaît d’autant plus regrettable, pour le groupe Hopps, qu’en interne, la communication apparaît bien plus réussie.

Valéry Rieß-Marchive. Mai 2021