Archives pour la catégorie RISK MANAGER-FONCTION RISK MANAGER

PAUSE ESTIVALE

Pour mieux se retrouver au début du mois de septembre.

L’actualité du risque, du risk management et du Risk Manager est toujours aussi dense. Les défis à relever sont nombreux, porteurs d’opportunités et de menaces. J’ai essayé durant cette année universitaire 2022-2023 de vous donner des éléments pour les contextualiser, les analyser et agir.

Découvrez-les ou relisez-les sur le blog via les mots-clés ou les archives.

Découvrez et/ou partagez une lecture « transversale » qui retrace l’histoire du risque, de la gestion des risques, des premières fonctions risk-manager / qui identifie l’activité, la place dans l’organisation et les compétences des Risk-Manager / qui présente la démarche de gestion des risques, ses outils et ses méthodes :

« Risk Management. Organisation et positionnement de la Fonction Risk Manager. Méthodes et Gestion des risques. » Editions Gereso. 293 pages, 18,99 à 27 euros

https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/risk-management-fris2.html

Une lecture conseillée par la presse conseillée par la Presse (Le Monde Informatique, La Tribune de l’Assurance par exemple) :

Voir Retour Presse
22 Juin 2022
Journaliste : Bertrand Lemaire
http://www.lemondeinformatique.fr p. 1/2


« Guide sur la fonction de gestionnaire de risques
Caroline Aubry et Nicolas Dufour viennent de publier chez Gereso « Risk Management – Organisation et positionnement de
la Fonction Risk Manager – Méthodes de gestion des risques ».

L’ ouvrage « Risk Management » vient de paraître chez Gereso.
Les DSI ont tendance à ne voir que les risques de type cyber-menaces, risques qui ne méritent plus tellement leur nom tant leur certitude est aujourd’hui absolue. Or les risques pouvant affecter un SI sont bien plus vastes : risques fournisseurs, risques physiques (incendies, inondations..), etc. La gestion des risques doit donc impérativement faire partie de leur
périmètre, en partenariat avec le spécialiste de leur entreprise, le gestionnaire de risques. Pour comprendre les ressorts de cette gestion des risques, la lecture « Risk Management – Organisation et positionnement de la Fonction Risk Manager – Méthodes de gestion des risques » qui vient de paraître chez Gereso, sous les signatures de Caroline Aubry et Nicolas Dufour, pourra leur être très utile. Cet ouvrage leur permettra en effet à la fois d’apprendre les méthodes de gestion des risques mais aussi de comprendre le travail du gestionnaire de risques et ainsi de savoir comment travailler avec lui.

L’ouvrage débute par les fondamentaux sur la gestion des risques et le travail du gestionnaire de risques. Un chapitre est ensuite consacré aux différentes classes de risques et ce qu’implique cette classification en matière de réponses. La méthode de gestion des risques occupe bien sûr un important chapitre ainsi que la bonne insertion dans les process et l’organigramme du gestionnaire de risques. Pour terminer, un chapitre se consacre aux compétences nécessaires pour bien gérer des risques.
Le texte est clair, sans jargon inutile, et est illustré de tableaux et de schémas autant que nécessaire dans un but pédagogique.

A propos de l’ouvrage Risk Management – Organisation et positionnement de la Fonction Risk Manager – Méthodes de gestion des risques, par Caroline Aubry et Nicolas Dufour (Editions Gereso, 293 pages, 18,99 à 27 euros) »

RISQUE CLIMATIQUE : OU EN ETES-VOUS ? 🙈 ? 🙉 ? Plus ? AU-DELA DE l’ASSURANCE, UN CHANGEMENT DE PARADIGME ET LA MISE EN ŒUVRE ORCHESTREE PAR UN RISK MANAGER CORPORATE D’UNE DEMARCHE DE GESTION DU RISQUE CLIMATIQUE (3)

Je vous ai proposé :

Je vous propose aujourd’hui :

👉 Un article et un excellent rapport à lire pour lui préférer ou a minima lui adjoindre un changement de paradigme et la mise en œuvre orchestrée par un Risk Manager corporate d’une démarche de gestion du risque climatique.

📌 Plus la rubrique lire et relire sur ce sujet :

Dans l’ouvrage  « RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. »,

CH I Définition des notions mobilisées et contextualisation de la Fonction Risk Manager, Amplificateur de risque 1 : le régulateur, législateur, p. 53-65.

https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/risk-management-fris2.html

Sur le blog

Le risque climatique : impact sur les institutions financières et la gestion des risques

A la poursuite du risque climatique…RSE et maîtrise des risques

La nécessaire gestion du risque climatique et ses interactions avec la RSE

Le risque, variable stratégique de la réflexion des entreprises sous l’effet de cinq facteurs : illustration sur le risque climatique.

Risque climatique et assurances.

Le périmètre d’activité des Risk Managers ne cesse de s’élargir.

Réchauffement climatique, cyberattaques, tensions géopolitiques… Dans cette époque turbulente, comment préserver les piliers d’un modèle assurantiel qui joue aussi un rôle social structurant 

« Un monde à +4 degrés n’est pas assurable. » Cette déclaration d’Henri de Castries, à la veille de la COP21 dans une interview au Parisien, avait fait en 2015 grand bruit. Alors PDG d’Axa, le dirigeant pointait une menace sourde, le spectre de l’inassurabilité face aux risques systémiques – et en premier lieu, celui du dérèglement climatique. Huit ans plus tard, le 22 février 2023 au micro de France Info, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Christophe Béchu appelait à « sortir du déni » et à « préparer notre pays à +4 degrés » [de réchauffement climatique]. Ambiance.

Ce simple fast forward résume à lui seul les enjeux et dilemmes de l’assurance moderne. À l’ère de la permacrise, comment préserver notre modèle assurantiel ? Face à la multiplication, l’accélération et l’interdépendance des risques, dans une société toujours plus numérisée, pourra-t-on protéger les principes de solidarité et de mutualisation ? Est-il possible d’anticiper et de réduire notre exposition à des évènements dont le dimensionnement et la récurrence ne cessent d’augmenter ?

Explosion du risque cyber

En avril 2022, le Conseil économique, social et environnemental s’est emparé de la question en publiant l’avis Climat, cyber, pandémie : le modèle assurantiel français au défi des risques systémiques. Dans cette note, l’instance fait le constat d’une société toujours plus vulnérable, au rythme de l’évolution de ses systèmes économiques et sociaux. En cause ? La mondialisation, le dérèglement climatique, et la digitalisation, dont les effets s’accroissent et s’interconnectent. Prenons l’exemple de la pandémie : outre ses conséquences sanitaires, le Covid-19 a lourdement grevé les entreprises, avec 180 milliards d’euros de pertes d’exploitation estimées sur la période.

Mais l’épisode a aussi accéléré la numérisation de nos organisations, qui se sont jetées à corps perdu (et de façon bien naturelle) dans les possibilités offertes par le digital pour contrer la mise à l’arrêt forcée de nos activités. Une mutation qui s’est accompagnée de l’explosion du risque cyber, qui n’était pourtant pas marginal avant la pandémie : en 2019, 90% des ETI et des PMI françaises avaient déjà été concernées par une attaque malveillante, selon le CESE. En 2020, les attaques par ransomware ont augmenté de 255%, d’après l’Anssi. Et en 2022, 45% des répondants du baromètre du Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique (CESIN) signalent au moins une cyberattaque « réussie » (c’est-à-dire ayant entraîné des pertes financières et / ou réputationnelles significatives). Enfin, la géopolitique, qui a fait son retour en fanfare dans notre quotidien avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, charrie avec elle sa somme de nouvelles menaces cyber, cherchant à déstabiliser le camp ennemi dans un monde toujours plus polarisé.

Et de fait, en 2023, les professionnels français de l’assurance placent encore le risque cyber en tête des menaces, en termes de probabilité d’occurrence et d’impact à moyen terme, suivi par le dérèglement climatique et l’environnement économique dégradé. Réalisée tous les ans par France Assureurs (nom d’usage de la Fédération française de l’assurance), la Cartographie prospective des risques recueille l’appréciation des risques par des dirigeants représentant 97% des placements du secteur. Un exercice équivalent, mais cette fois-ci à l’échelle du globe, peut se trouver du côté du Future Risk Report 2022, réalisé par Axa, Ipsos et Eurasia groupe. Pour celui-ci, la vulnérabilité cyber monte au troisième rang des préoccupations des experts, derrière les risques climatique et géopolitique.

La cybercriminalité, troisième économie mondiale

Si les risques cyber intègrent une « nouvelle normalité » dans le panorama des risques selon Axa, l’assureur français rappelle toutefois que nous n’avons pas encore eu à essuyer une cyber attaque à grande échelle, paralysant nos centres vitaux : santé, énergie, systèmes de paiement… 51% des experts interrogés par le Future Risk Report citent l’arrêt des infrastructures critiques et des services essentiels comme principal cyber risque. Une crainte partagée par Mario Greco, interviewé en décembre 2022 par le Financial Times. Le directeur général de Zurich Insurance considère que c’est le risque cyber qui pourrait bien, avant même les catastrophes naturelles et / ou les conséquences du réchauffement climatique, devenir inassurable : « Si quelqu’un prend le contrôle de parties vitales de nos infrastructures, quelles seront les conséquences ? Nous devons comprendre qu’il ne s’agit pas seulement de données, mais de civilisation. Ces gens peuvent vraiment disrupter nos vies. »

Et l’on ne peut s’empêcher de penser aux hôpitaux, actuellement touchés de plein fouet par une véritable série noire cyber. Des systèmes informatiques vieillissants, le manque de moyens financiers et humains, le manque d’acculturation digitale… alliés à l’accélération technologique des processus et pratiques font des établissements de santé des cibles de premier choix. Sans parler du caractère ultra-sensible – et donc ultra bankable – des données de santé : selon le cabinet Sopra Steria, sur la base de données IBM, un dossier médical peut s’échanger jusqu’à 350 dollars sur le dark web, 50 fois plus qu’un dossier bancaire ! Mais d’autres types d’infrastructures critiques sont dans le viseur des hackers : collectivités, ministères, institutions, équipements… En mai 2021, le plus grand oléoduc d’essence des Etats-Unis a ainsi été ciblé par un ransomware, obligeant son opérateur à interrompre ses activités. Selon le sénateur Rémi Cardon, auteur d’un rapport sur le risque cyber, si la cybercriminalité était une économie nationale, elle serait troisième au niveau mondial, derrière les Etats-Unis et la Chine, avec 6 000 milliards d’euros – un montant qui a doublé depuis 2015. Thierry Breton, le commissaire européen chargé du marché intérieur, vient d’ailleurs d’annoncer aux Echos la mise en place d’un cyber-bouclier européen, un projet à plus d’un milliard d’euros.

Renforcer les partenariats public privé

Sur le front du dérèglement climatique, l’inquiétude des professionnels ne décroît pas. Pour France Assureurs, elle s’installe même de façon structurelle chez les professionnels, au deuxième rang de leurs préoccupations. Un constat logique, après les extrêmes climatiques de 2022, qui ont porté la facture des catastrophes naturelles à plus de 10 milliards d’euros en France. A l’échelle du globe, c’est même la première fois que le risque climatique arrive en tête du classement Future Risks, pour toutes les régions du monde – en 2021, seule l’Europe lui accordait la première place.

Et tandis que la transition vers une économie bas-carbone s’accompagne de ses propres risques, notamment économiques, ce mouvement pourtant indispensable est rendu plus complexe encore, par les risques géopolitiques et énergétiques. Ces derniers sont montés en flèche dans le Future Risk Report, qui insiste sur la nécessité d’une approche holistique, mais aussi des partenariats public-privé (PPP) plus étroits selon les experts interrogés. Des PPP que la France pratique déjà avec le régime catastrophes naturelles ou la récente assurance récolte, et qu’elle pourrait encore approfondir, pour faire face au caractère systémique des risques. On parle notamment de la cybersécurité – encore une fois.

Verdir l’économie pour prévenir les risques climatiques

Mais outre son rôle majeur de prévention et de protection des risques, l’assurance est aussi un financeur incontournable de l’économie. A fin 2021, les assureurs français cumulaient plus de 2 700 milliards d’euros de placements, dont 62% dans des actifs d’entreprises et 111 milliards investis dans les PME / ETI, selon France Assureurs. Autant dire que le secteur est un levier incontournable pour la transition vers une économie résiliente et durable.

C’est à ce titre que le Conseil économique, social et environnemental engage le secteur à aller plus loin, avec « une politique de gestion d’actifs qui d’une part se désengage massivement des secteurs émetteurs de carbone, et plus généralement de tous les secteurs qui par leur activité, contribuent à la dégradation de l’environnement, et d’autre part priorise les investissements qui favorisent l’accélération de la transition énergétique et écologique à hauteur d’au minimum 10 % du montant de cette gestion. » Autre axe de prévention : le bâti, par exemple ne pas reconstruire à l’identique pour éviter de futurs sinistres, quand la situation l’exige.

Changement de paradigme et nouvelle culture du risque

Autant de préconisations parmi les 14 autres proposées dans l’avis du CESE. Car pour la troisième assemblée de la République, la pérennité d’un système assurantiel accessible et protecteur pour tous reposera sur trois piliers, recouvrant toute la chaîne du risque : la connaissance, la prévention et l’indemnisation. Mais entre autres mesures « techniques » destinés à renforcer la soutenabilité financière du système, c’est aussi à une forme de révolution culturelle que le CESE appelle : « un changement de paradigme » piloté par « l’Etat-stratège », via la création d’une autorité politique de plein pouvoir, chargée de la prévention et de la gestion des risques majeurs. Une nouvelle culture du risque à acquérir à l’échelle de la société en somme, avec une attention particulière portée à la cybersécurité ou au risk management, dans laquelle la filière aura un rôle majeur à jouer.

Autre enjeu, celui consistant à mieux partager le risque, en créant par exemple une offre socle cyber à destination des TPE / PME, ou en favorisant par exemple l’accès à un premier niveau d’assurances pour tous, pour éviter que certains choisissent de ne plus s’assurer, avec de réels risques économiques et sociaux. C’est ainsi le cas en Outre-mer, qui enregistre une faible couverture, alors même que le risque climatique s’accroît. Au moment où les tensions s’exacerbent et la vulnérabilité ressentie par la population s’accroît, la mission de l’assurance sera aussi celle-ci : faire vivre et perdurer dans une société en profonde mutation une certaine idée de la solidarité au service de l’avenir.

Carolina Tomaz. Rédactrice en chef du Livre des Tendances de L’ADN.

RISQUES ET OPPORTUNITES LIES AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

A lire sur le site de l’AMRAE dans la Bibliothèque.

Ce que j’aime :

👍Un titre qui prend en compte la dimension positive du risque

👍Un travail de groupe

👍Un chapitre sur la méthodologie d’analyse des risques liés au changement climatique

👍Un chapitre sur la mise en application d’une démarche

👍Un paragraphe sur le rôle du Risk Manager. Rôle qui se rapproche des rôles que je décris dans mes ouvrages comme étant celui du Risk Manager « architecte » de la gestion des risques et dans mon dernier article de recherche comme étant celui de la Fonction Risk Manager (FRM) managériale ; tous les deux en chemin, dans la période de maturité de la fonction, vers une FRM pilote de la démarche Enterprise Risk Management.

👉 Pour aller plus loin que ce paragraphe un peu rapide :

Voir :

Dans l’ouvrage  « RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. », CH 2 L’activité des Risk Managers ; CH 5 La place des Risk Managers dans l’organisation.

https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/risk-management-fris2.html

Dernier article de recherche sur les rôles de la FRM sur sa période d’émergence :

Aubry C., « La Fonction Risk Manager dans les entreprises françaises non financières : ses rôles sur la période de son émergence », Revue Management et Avenir, n°134, avril, p.61-82, 2023. https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2023-2-page-61.htm

MON ACTUALITE RECHERCHE. VIENT DE PARAITRE : Aubry C., (2023), « La Fonction Risk Manager dans les entreprises françaises non financières : ses rôles sur la période de son émergence. », Revue Management et Avenir, n°134, avril, p.61-82.

✴ Lien vers : https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2023-2-page-61.htm

✴ Objectif de l’article

Comprendre les rôles des premières FRM dans les entreprises non financières françaises, sur sa période d’émergence (de leur date de création, entre 1994-2004, et 2009).  

✴ Résultats

Nous mettons en évidence quatre portraits-types – FRM invisible, FRM néo-institutionnelle, FRM interactive, FRM managériale -, associés à quatre rôles. Ces résultats constituent un point de départ sur lequel des travaux à venir pourront positionner la FRM actuelle, permettent de mieux la comprendre et de s’interroger sur son avenir.

Mes travaux conduisent à la formulation de préconisations – pistes pour que les RM fassent les choix qui leur permettent de gagner rapidement en légitimité -.

✴ Et un, et deux, et trois et quatre ! 🎯

Il est mon 4ème article sur l’identification de la FRM (naissance, activité, place dans l’organisation, rôle) sur sa période d’émergence. Le manque de littérature académique sur ce sujet, alors qu’elle a pris une ampleur considérable depuis la fin des années quatre-vingt-dix, est comblé et mon objectif atteint.

✴ Perspectives

La FRM que j’ai étudiée a maintenant une existence moyenne de quinze ans. Une nouvelle recherche permettra d’actualiser nos données. La généalogie de la fonction et de ses rôles servira de point de d’ancrage, de comparaison et de compréhension des rôles de la FRM depuis la période d’émergence. Il sera intéressant de les positionner sur les éléments constitutifs du rôle, de voir comment les portraits-types et les rôles de la FRM ont évolué et si au cours des dix dernières années elle a acquis davantage de légitimité et de quel type.

🙏 Merci

A tous les Risk Managers qui ont accepté de répondre à mes questions. A tous ceux qui accepteront de répondre à mes sollicitations.

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PROFESSIONNELS, ETUDIANTS (EN REVISION, PRETS A PARTIR EN STAGE), UN OUVRAGE RECENT (JUIN 2022) : « RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. »

Vous, professionnels et étudiants, qui souhaitez découvrir ou approfondir vos connaissances sur le Risk Management et la Fonction Risk Manager. Vous, étudiants, qui commencez vos révisions pour les partiels et qui allez partir en stage : un ouvrage récent (juin 2022) disponible « RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. »

🏁 Il est disponible depuis le 9 juin 2022 / Sur le site de Gereso Editions, collection Management  https://lnkd.in/e_6NhrdS
/ Sur les sites de la FNAC, AMAZON…

🎯 Il s’agit de :
✅ La 2ème édition de notre ouvrage 📖 « La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et Positionnement » / paru chez Gereso Editions / en 2019 / labellisé FNEGE dans la catégorie Manuel en 2020
✅ Avec un titre plus « large » / La Fonction Risk Manager / La démarche de Gestion des Risques
✅ Avec des ajouts :
👉 Une nouvelle période d’analyse / de 2019 à aujourd’hui
👉 L’intégration des nouveaux enjeux :
·        la loi sur le devoir de vigilance
·        le risque éthique et le risque de réputation
·        le risque cyber, le risque de fraude et leur gestion
·        le rôle du Risk Manager face à la crise sanitaire du Covid 19
👉 De nouveaux exemples
 
👓 Pour ceux qui découvrent notre ouvrage, vous y trouverez : 
✅ Un panorama complet de votre fonction (activité, place dans l’organisation, compétences), de la démarche de gestion des risques et de ses outils
✅ Des préconisations pour faire évoluer la fonction
✅ Une double approche académique et de terrain, au niveau du contenu, de nos parcours professionnels, des personnalités qui nous ont fait l’honneur de rédiger la préface et la postface. 

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Ouvrage, disponible aujourd’hui 9 juin 2022, « RISK MANAGEMENT. ORGANISATION ET POSITIONNEMENT DE LA FONCTION RISK MANAGER. METHODES DE GESTION DES RISQUES. »

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La 2ème édition de notre ouvrage 📖  « La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et Positionnement » / paru chez Gereso Editions / en 2019 / labellisé FNEGE dans la catégorie Manuel en 2020
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RISQUE-GESTION DES RISQUES-RISK MANAGER : UNE ACTUALITE CHARGEE

Il y a des semaines où les alertes se multiplient. Nous vivons une de ces périodes.

EN RESUME :

🏅Une multiplication des cyberattaques…

🏅Le cyber risque qui peut devenir risque de réputation (Voir Emma) ; le risque opérationnel qui se peut se transformer en risque de réputation (Affaires Buitoni et Kinder à deux jours d’intervalle)…Transversalité du Risque.

https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6915342632881725440/

🏅Le risque éthique dans sa dimension gouvernance amplifié par le régulateur-législateur (loi sur le devoir de vigilance) : Mac Donald’s

https://www.linkedin.com/posts/caroline-irigoyen-hse_travail-forc%C3%A9-harc%C3%A8lement-sexuel-abus-de-activity-6917002519051157504-BxF9?utm_source=linkedin_share&utm_medium=member_desktop_web

🏅Le rapport GIEC qui positionne le risque climatique comme risque majeur sur les cartographies…

https://www.linkedin.com/posts/caroline-aubry-_climat-le-mode-demploi-du-giec-pour-activity-6917012187194552320–L0L?utm_source=linkedin_share&utm_medium=member_desktop_web

🏅La guerre en Ukraine qui « révèle » le risque géopolitique…

🏆 Cette actualité rappelle, s’il en est besoin, que le risque est (doit être) une variable stratégique de la réflexion des organisations, que la mise en place d’une gestion des risques de type ERM est incontournable et que la fonction qui est (doit être) à la manœuvre est la Fonction Risk Manager.

C’est ma thématique de recherche. Riche et passionnante.

Bonne lecture.

Ci-dessous un article sur « l’affaire » Buitoni.

E. coli dans les pizzas Buitoni : ouverture d’une enquête pour « homicides involontaires »

Le parquet de Paris a entamé des investigations pour « homicides involontaires », « tromperie » et « mise en danger d’autrui ». Mercredi, la Direction générale de la santé a confirmé qu’il existait un lien entre l’apparition de plusieurs cas graves de contamination d’enfants par la bactérie E. coli et la consommation de pizzas Fraîch’up de Buitoni.

Le groupe Nestlé, propriétaire de la marque Buitoni, fait face à une enquête. Le parquet de Paris a indiqué ce vendredi avoir entamé des investigations après plusieurs cas graves de contamination d’enfants par la bactérie Escherichia coli et des décès, Mercredi, les autorités sanitaires avaient annoncé avoir établi un lien entre la consommation des pizzas surgelées de la gamme Fraîch’up de Buitoni et des cas graves de contamination.

Cette enquête confiée au pôle santé publique (PSP) du parquet de Paris dont la compétence est nationale, a été ouverte le 22 mars. « Le PSP, sur dessaisissement des parquets de Nancy et Saint-Malo et en application de sa compétence en matière d’infractions portant atteinte à la santé », s’est saisi de l’enquête, a ainsi précisé le parquet de Paris.

Deux enfants décédés

Dans le détail, l’enquête porte sur les infractions de « tromperie sur une marchandise, exposition ou vente de produits alimentaires corrompus ou falsifiés et nuisibles pour la santé, mise sur le marché d’un produit préjudiciable à la santé, mise en danger d’autrui, blessures involontaires et homicides involontaires ».

Elle a été confiée à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), la Direction générale de la gendarmerie nationale, le service des enquêtes de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) du ministère de l’agriculture, a précisé le parquet.

La France connaît depuis fin février une recrudescence de cas de syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) liés à une contamination à E. coli. Santé Publique France indiquait mercredi que 75 cas étaient en cours d’investigation, dont 41 pour lesquels des syndromes hémolytiques et urémiques « similaires » ont été identifiés, et 34 pour lesquels des analyses supplémentaires sont en cours. Les enfants malades sont âgés de 1 à 18 ans. Deux d’entre eux sont décédés, même si le lien avec les pizzas n’a pas été confirmé dans leurs cas.

Les premiers tests réalisés par Nestlé, propriétaire de la marque Buitoni, sur le site de Caudry, dans le Nord, où sont fabriquées ces pizzas, sont revenus négatifs . « On ne comprend pas ce qui a pu arriver, mais nous allons développer un protocole d’analyse que nous allons soumettre aux autorités », avait précisé Jérôme Jaton, directeur général industriel de Nestlé, lors d’une conférence de presse ce mercredi.

Source AFP

LA QUESTION ESSENTIELLE ET COMPLEXE DE LA PERFORMANCE DE LA GESTION DES RISQUES ET DE LA FONCTION RISK MANAGER

L’évocation par les médias de l’étude menée par une dizaine de chercheurs sur l’impact du passe sanitaire sur l’adhésion vaccinale, le nombre d’hospitalisations et de décès liés au Covid-19, ainsi que sur le produit intérieur brut (PIB) a retenu mon attention et m’a immédiatement faite penser qu’il y avait là une volonté et une tentative de mesure des résultats d’une politique de gestion des risques.

Mon intention n’est pas d’entrer dans les détails de la méthodologie mais d’apporter des quelques pistes à creuser sur la délicate question de la mesure de la performance du Risk Manager, son paradoxe et le défi qu’elle soulève.

  1. Revenons sur ce que l’on sait de cette étude et où la trouver.

Couverture vaccinale, nombre de décès et PIB : le rôle décisif du passe sanitaire en France

Selon une étude publiée par le Conseil d’analyse économique, la France a évité près de 4 000 morts et la perte de 6 milliards d’euros entre juillet et décembre 2021, tout en gagnant treize points de couverture vaccinale.

Une femme montre son passe sanitaire dans une brasserie de Deauville (Calvados), le 26 juillet 2021.

Comment mesurer l’impact concret de l’instauration du passe sanitaire ? Certes, le taux de vaccination de la population française est passé de 53,8 %, à la mi-juillet 2021, à désormais 79,5 % de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin, mais quelle part de cette impressionnante augmentation peut être directement attribuée à ce nouvel outil du quotidien ? Par ailleurs, cet impact est-il seulement sanitaire ou d’autres aspects de la société ont-ils pu bénéficier de cette mesure, critiquée notamment pour son aspect liberticide ?

Une étude menée par une dizaine de chercheurs s’est penchée sur ces différentes questions et montre le très fort impact du passe sanitaire sur l’adhésion vaccinale, le nombre d’hospitalisations et de décès liés au Covid-19, ainsi que sur le produit intérieur brut (PIB).

Cette étude, publiée mardi 18 janvier sur le site du Conseil d’analyse économique (CAE), un service rattaché à Matignon mais réunissant des universitaires indépendants, a notamment été coécrite par le mathématicien Miquel Oliu-Barton (université Paris-Dauphine, Bruegel) et les économistes Bary Pradelski (CNRS, Oxford-Man Institute of Quantitative Finance) et Nicolas Woloszko (Organisation de coopération et de développement économiques), avec les conseils de l’épidémiologiste et membre du conseil scientifique Arnaud Fontanet et les économistes Philippe Aghion (Collège de France) et Patrick Artus (Natixis), entre autres…

…A lire Le Monde, 18 janvier 2022.

Delphine Roucaute

2. Passons ensuite à un article sur la mesure des résultats d’une politique de gestion des risques et son paradoxe.

Mesurer les résultats d’une politique de gestion des risques

« Réussir à gérer les risques efficacement est une tâche contrecarrée par un paradoxe des plus classique : si une gestion routinière des risques est mise en place, il y aura peu de surprises. Personne ne se rend soudainement compte à quel point la mise en place de mesures de précautions liées à la gestion des risques est efficace. Personne ne donne une claque dans le dos du responsable en le félicitant d’avoir trop bien travaillé. À l’inverse, cependant, si la gestion des risques est médiocre, le monde entier se ligue pour crier au scandale. »

Ce paradoxe est révélateur de deux points essentiels. Le premier, et le plus évident, c’est que le métier de responsable de la gestion des risques est ingrat : s’ils ne reçoivent que peu d’éloges, ces derniers sont en première ligne lorsque les résultats ne correspondent pas aux attentes de la direction. Le deuxième point réside dans le fait que les entreprises mesurent rarement le résultat de la gestion des risques, et n’ont par conséquent qu’une vague idée de sa valeur.

Mesurer les avantages qu’une entreprise retire d’une politique de gestion des risques représente un réel défi. Pour que cette analyse soit complète, il est capital de tenir compte d’un certain nombre de facteurs.

La mesure des résultats peut se diviser en trois catégories distinctes :

  • Conformité – Permet de mesurer le degré de conformité de l’entreprise vis-à-vis de ses propres directives en matière de gestion des risques.
  • Maturité – Mesure le niveau de maturité de la politique de gestion des risques au sein de l’entreprise par rapport aux bonnes pratiques en place dans son secteur d’activité.
  • Valeur ajoutée – Évalue dans quelle mesure la gestion du risque aide l’entreprise à atteindre ses objectifs et les résultats qu’elle attend.

Rod Farrar Director, Paladin Risk Management Services, Février 2021.

3. Terminons enfin avec mes propres réflexions à travers la référence aux propos d’un RM interviewé dans le cadre de mon travail de recherche, des extraits de l’ouvrage que j’ai co-écrit avec N.Dufour « La Fonction Risk Manager. Organisation. Méthode. Positionnement » https://librairie.gereso.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager/ et une référence à ma grille de lecture en termes de légitimité de la FRM.

Un RM me disait il y a quelques années que :

« pour lui, la beauté du job de RM (et non son côté ingrat comme pour Rod Farrar) c’est qu’il n’arrive rien. Difficile à mesurer objectivement… mais que pour le RM stratégique, vous ne verrez jamais un DG reconnaitre que son changement de stratégie ou sa décision vient de la suggestion du RM…. C’est la vie ! Mais cela rend impossible une quantification objective. Elle est immatérielle et se réalise quand votre Président vous invite pour parler d’un sujet et où que le patron d’une filiale vous téléphone pour avoir votre avis. »

Pourtant, nous écrivons p.197 à 200, Chapitre V La place des RM dans l’organisation :

« Pourtant les Risk Managers déprécient cette implication en évoquant à nouveau la difficulté à évaluer leur performance : – leurs objectifs sont difficilement mesurables et sans référentiel ; – les résultats sont difficiles à évaluer car il s’agit de risques potentiels comparés à un « chèque en blanc délivré par la direction générale », qui ne peuvent être évalués qu’a posteriori à travers les coûts indirects évités…Combien le Risk Manager doit-il anticiper au titre des différents risques ?…Un tel enjeu pose la question de la mesure du coût du risque, des limites de risques à définir ainsi que des financements des solutions de maîtrise de risque. Cela revient également à se poser la question « est-ce rentable de chercher à mettre en place des moyens de détection, de prévention et de traitement » ? Et à montrer à la direction générale que c’est rentable. »

Montrer à la DG que l’on est rentable reviendrait pour le RM à acquérir davantage de légitimité de conséquence : être capable de mesurer son action déclencherait ainsi la reconnaissance par sa direction générale de la nature stratégique de sa fonction.

LE RISQUE, VARIABLE STRATEGIQUE DE LA REFLEXION DES ENTREPRISES. UN NOUVEAU RISQUE : LE RISQUE ETHIQUE DANS SA DIMENSION GOUVERNANCE – LA MISE EN EXAMEN DU GROUPE LAFARGE pour « mise en danger de la vie d’autrui »

Mercredi 23 novembre, à la Toulouse School of Management, lors d’une table ronde sur le thème « Comptabilité, crise(s) et résilience », j’expliquais en quoi la Fonction Risk Manager (FRM) était un acteur contribuant à augmenter la capacité de résilience de l’organisation. Pour établir ce rôle qu’aujourd’hui personne ne conteste, même si beaucoup reste à faire, je suis revenue sur les étapes de l’ERM et les facteurs qui ont fait que le risque est devenu en trente ans une variable stratégique de la réflexion des entreprises.

Deux de ces facteurs sont l’élargissement du domaine du risque et son amplification depuis 2004 par le régulateur-législateur et les médias. 

COMMENT LE RISQUE EST DEVENU UNE VARIABLE STRATEGIQUE

(1) Aux risques « traditionnels » (incendie, inondation…) se sont ajoutés :

  • De nouveaux risques comme par exemple le risque éthique ou le cyber-risque ou encore les risques psycho-sociaux…
  • Des qualificatifs qui viennent préciser la nature du risque : sanitaire, environnemental…
  • Cet élargissement oblige les entreprises à faire face à des risques potentiels qui sortent du champ de compétences des experts qui n’ont ni la connaissance, ni l’expérience pour répondre à un avenir qu’ils ne connaissent pas.

(2) Le législateur-régulateur et les médias ont contribué à la diffusion de ce que M. Power appelle l’image d’un monde plus risqué et l’ont amplifié. Ils amplifient la notion de responsabilité du dirigeant en cas de négligence.

Ces évolutions ont conduit les organisations à créer depuis 2004 la FRM, fonction corporate dédiée aux risques.

Pour en savoir plus : voir « La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et positionnement. » Aubry et Dufour. Chapitre 1 Définition des notions mobilisées et contextualisation de la Fonction Risk Manager. .

Lien. https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html

UN PROGRAMME SUR 6 SEMAINES

Je vous propose un tour du côté de l’actualité pour :

  • (1) (2) illustrer deux nouveaux risques auxquels les organisations doivent faire face – le risque éthique dans sa dimension gouvernance et la fraude au président – ;
  • (3) mieux connaitre un risque souvent passé sous silence – le risque de propriété intellectuelle – ;
  • (4) et (5) faire le point sur le devoir de vigilance des multinationales et découvrir ce que l’on sait de la future loi Sapin 3.
  • (6) Je terminerai cette séquence par un « bouclage » sur le rôle de la FRM dans ce nouveau contexte.
UN NOUVEAU RISQUE : LE RISQUE ETHIQUE DANS SA DIMENSION GOUVERNANCE

Pour commencer : le risque éthique dans sa dimension gouvernance / la gouvernance : respect par l’entreprise des engagements pris, transparence et ouverture aux besoins de l’environnement dans laquelle elle opère, prise en compte des parties prenantes, les actionnaires et tous les groupes ou individus qui peuvent affecter ou être affectés par la réalisation de ses objectifs.

Pour d’autres exemples plus anciens voir : 

« La Fonction Risk Manager. Organisation, Méthodes et positionnement. » Chapitre 1 Définition des notions mobilisées et contextualisation de la Fonction Risk Manager. Chapitre 3 Définition et illustration des différentes classes de risques auxquelles sont confrontés les Risk Managers.

Lien. https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html

Blog : https://gestiondesrisques.net/category/risques/ethique-gouvernance/

Je vous propose deux articles très intéressants de septembre 2021 qui illustrent le risque éthique dans sa dimension gouvernance à travers la mise en examen du groupe Lafarge pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre de ses activités en Syrie entre 2011 et 2014, et plus particulièrement des accords financiers passés avec des groupes armés.

Vous y retrouverez :

  • la présentation du risque
  • les causes de celui-ci (probabilité)
  • les conséquences de celui-ci (impact).

Le premier est un article rapide du Monde qui rappelle les faitss. Le deuxième écrit par Nathalie Belhoste. Enseignant chercheur, Grenoble École de Management (GEM) propose une analyse approfondie du risque.

Lafarge en Syrie : la Cour de cassation invalide l’annulation des poursuites pour « complicité de crimes contre l’humanité »

La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a également cassé la décision de la cour d’appel de maintenir la mise en examen du groupe pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

C’est un nouveau rebondissement spectaculaire dans l’affaire hors norme sur les activités en Syrie du cimentier Lafarge : la Cour de cassation a renvoyé mardi 7 septembre devant la justice le débat sur la mise en examen du cimentier pour « complicité de crimes contre l’humanité » en Syrie, annulée en novembre 2019 par la cour d’appel de Paris.

Dans un arrêt très attendu, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a invalidé la décision d’annuler ces poursuites, prononcées dans l’enquête relative aux activités du groupe en Syrie jusqu’en 2014.

Elle a aussi cassé la décision de la cour d’appel de maintenir la mise en examen du groupe pour « mise en danger de la vie d’autrui », et renvoyé ces deux questions devant la chambre de l’instruction, dans une composition différente, afin qu’elle se prononce à nouveau.

Les magistrats de cette chambre pourront ainsi décider de maintenir ou d’annuler ces poursuites contre le groupe. La Cour a, en revanche, confirmé la mise en examen du cimentier pour « financement du terrorisme ».

« La décision prise aujourd’hui par la Cour de cassation ne présume en aucun cas d’une éventuelle culpabilité de Lafarge SA », a réagi le groupe, dans une déclaration adressée à l’Agence France-Presse (AFP), assurant qu’il continuait « de coopérer pleinement avec la justice ».

 « Nous avons pris des mesures immédiates et fermes pour nous assurer que des événements similaires ne puissent plus se reproduire », a-t-il assuré, précisant que Lafarge n’exerçait « plus aucune activité en Syrie depuis plus de six ans ».

Dans cette information judiciaire, ouverte en juin 2017, Lafarge SA est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, par le truchement de sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS), près de 13 millions d’euros à des groupes terroristes, dont l’organisation Etat islamique (EI), et à des intermédiaires, afin de maintenir l’activité d’une cimenterie en Syrie alors que le pays s’enfonçait dans la guerre.

Le groupe avait investi 680 millions d’euros dans la construction de ce site, achevé en 2010.

« En connaissance de cause »

Lafarge est également suspecté d’avoir vendu du ciment de l’usine à l’EI et d’avoir payé des intermédiaires pour s’approvisionner en matières premières auprès de factions djihadistes.

Un rapport interne commandé par LafargeHolcim, né de la fusion en 2015 du français Lafarge et du suisse Holcim, avait mis en lumière des remises de fonds de LCS à des intermédiaires pour négocier avec des « groupes armés ». Mais Lafarge SA a toujours contesté toute responsabilité dans la destination de ces versements à des organisations terroristes.

 « L’on peut être complice de crimes contre l’humanité même si l’on n’a pas l’intention de s’associer à la commission de ces crimes », a expliqué la Cour de cassation dans un communiqué. « Dans cette affaire, le versement en connaissance de cause de plusieurs millions de dollars à une organisation dont l’objet est exclusivement criminel suffit à caractériser la complicité, peu importe que l’intéressé agisse en vue de la poursuite d’une activité commerciale », a-t-elle détaillé.

« La Cour de cassation donne raison au magistrat instructeur sur deux points essentiels : en confirmant les poursuites pour financement du terrorisme et en rouvrant le débat sur la complicité de crimes contre l’humanité, qui sera maintenue compte tenu des éléments accablants du dossier », a réagi Me William Bourdon, fondateur de l’ONG Sherpa.

 « A l’échelon mondial, ces poursuites, qui déboucheront sur un procès de Lafarge et de ses dirigeants pour les crimes les plus graves, sont une première et nous rappellent l’impératif absolu que constitue le devoir du législateur de responsabiliser de gré ou de force les plus grandes entreprises de la planète », a-t-il poursuivi.

Dans son arrêt, la Cour de cassation a, par ailleurs, estimé que seule l’ONG European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) pouvait se constituer partie civile, et uniquement à l’égard de l’infraction de « complicité de crimes contre l’humanité » reprochée à la société.

Sherpa et l’association Life for Paris se sont vues, pour leur part, déboutées de leur demande de se constituer partie civile.

« Sherpa reste fière d’avoir initié cette procédure. Si le rejet de notre pourvoi est singulier, il ne l’est que pour des raisons techniques, qui pourront être corrigées rapidement », a estimé l’avocat.

Le Monde avec AFP

Publié le 07 septembre 2021


Syrie : pourquoi le groupe Lafarge est-il resté si longtemps malgré la guerre ?

 

Le 7 septembre, la Cour de cassation a invalidé les annulations des poursuites pour « complicité de crimes contre l’humanité » concernant les activités du groupe Lafarge en Syrie entre 2011 et 2014, et plus particulièrement les accords financiers passés avec des groupes armés, dont Daech.

Différentes parties civiles et des ONG de lutte contre les crimes économiques étaient à l’origine de ces pourvois. Elles contestaient l’annulation par la chambre de l’instruction, en novembre 2019, de la mise en examen du groupe en tant que personne morale pour « complicité de crime contre l’humanité », prononcée l’année précédente par les juges d’instruction. Avec cette décision, la Cour de cassation renvoie à présent le dossier vers une autre chambre de l’instruction afin qu’elle se prononce à nouveau.

Cette décision était attendue au-delà de l’affaire Lafarge. En effet, elle pourrait influencer de prochaines instructions menées contre des multinationales, comme dans le cas de la récente affaire du groupe viticole Castel, dont une filiale est soupçonnée d’avoir financé des groupes armés en Centrafrique. Dans ces cas, les processus de mise en accusation restent néanmoins toujours délicats car la responsabilité de l’entreprise en tant que telle reste difficile à prouver par rapport aux responsabilités individuelles à cause, notamment, de la complexité organisationnelle.

Ainsi, notre recherche sur le cas Lafarge montre que semble s’être développé ce que nous appelons une « myopie organisationnelle ». Celle-ci aurait conduit le cimentier à poursuivre ses activités en Syrie jusqu’en 2014, alors que des entreprises comme Total ou Air Liquide quittaient le pays dès le début de la guerre civile en 2011.

Cette « myopie organisationnelle » repose sur plusieurs éléments centraux, dont une volonté sans faille de protéger les investissements sur place. Toutefois, les logiques économiques restent insuffisantes pour expliquer que la production n’ait pas été arrêtée. Une interprétation défaillante du danger entre le siège et la filiale ainsi que des décisions entraînant une dépendance forte à un nombre restreint d’acteurs locaux apparaissent aussi comme des facteurs de cette « myopie organisationnelle ».

Une lente montée en pression

La chronologie du cas est à ce sujet éclairante. Dans une première phase, entre mi-2011 et juillet 2012, l’entreprise ne va pas réellement voir l’intérêt de partir, malgré les tensions. Quelques mois plus tôt, en octobre 2010, Lafarge inaugurait la plus grande cimenterie de la région moyenne orientale dans le nord de la Syrie, à environ 60 kilomètres de la frontière turque. Le coût du projet est de 680 millions d’euros, ce qui représente pour l’époque un très gros investissement pour l’entreprise.

Localisation de la cimenterie de Lafarge en Syrie.

 Au départ, les salariés sont très satisfaits de cette implantation, notamment dans une région où les opportunités d’emploi sont très rares. Les premières contestations de début 2011 ne sont localisées que dans l’est de la Syrie, assez loin de l’usine et ce n’est que le 1er décembre 2011, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme déclare la Syrie en état de guerre civile.

En mars 2012, la France décide de rappeler son ambassadeur en Syrie. L’entreprise décide alors de rapatrier ses expatriés, mais aucune décision n’est prise quant à un arrêt des activités sur place. L’entreprise mise alors sur un dialogue et des négociations avec les parties prenantes, notamment différents groupes armés présents dans la région.

Un premier intermédiaire, un Syrien possédant une participation dans l’usine, est choisi pour assurer les discussions et les transactions. L’entreprise décide, par ces mesures, d’assurer la continuité de ses activités et la sécurité de ses salariés, mais dans une zone qui commence à se tourner vers une économie de guerre basée sur le racket.

Certes, dans cette zone de gouvernance limitée (c’est-à-dire où l’autorité étatique n’était que partiellement reconnue), il était très difficile, à l’époque, de distinguer la création de groupes armés issus de la lutte anti-Damas (kurdes ou de l’Armée syrienne libre) d’autres groupes aux obédiences diverses et volatiles, attirés uniquement par l’appât du gain que représente la seule multinationale présente localement. Néanmoins, la décision de Lafarge n’était déjà pas en accord avec leur code de conduite de l’époque.

Une autre décision organisationnelle peut permettre de mieux comprendre le contexte de la prise de décision. À cette même période de l’été 2012, le directeur de la filiale est envoyé de Damas au Caire d’où il gérera les activités. Si cette mesure s’explique aisément pour sa sécurité personnelle dont doit légalement répondre l’entreprise, cette décision va entraîner une gestion à distance dont les travaux académiques en sciences de gestion ont déjà montré les grandes limites en temps de paix, à savoir la compréhension des problèmes locaux et la transmission de l’information qui se révèlent souvent partielles.

Un excellent réseau d’informateurs

L’entreprise, et notamment son comité de sûreté composé de cadres dirigeants et du directeur général adjoint, entérine ainsi sa décision de rester sur place malgré les premières alertes et le conflit civil.

Mais à partir de l’été 2012, une nouvelle période plus tendue se profile. Plusieurs salariés sont kidnappés. Lafarge paye une rançon mais pas à chaque fois. À partir de ce moment, le comité de sûreté analyse, en novembre 2012, la situation de la façon suivante : « Nous ne pouvons en aucun cas garantir que nous soyons capables de nous opposer avec succès à une action d’enlèvement ». Il existe une « menace directe et nominative contre Lafarge » et « la présence des extrémistes du Front al-Nosra constitue une menace supplémentaire ».

Cette dernière référence montre que les dirigeants du siège semblent informés de la dangerosité de certains groupes par rapport à d’autres, mais aussi avoir conscience des dangers encourus par leurs salariés sur place.

Une grande partie de la compréhension de ce cas (avec les données actuelles) porte alors sur cette décision de rester dans un pays en guerre, avec des groupes armés qui ne répondent plus forcément qu’à une logique économique et de racket mais à des logiques politiques et idéologiques fortes. La présence dans la zone du Front al-Nosra constituait une première alerte par sa proximité notoirement connue avec Al-Qaida.

En outre, plusieurs e-mails montrent que Lafarge avait mis en place depuis le début des événements un excellent réseau d’informateurs. À tel point que des rencontres entre le directeur de la sécurité du groupe et la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) auraient amené à des échanges d’informations, Lafarge restant un point d’observation absolument stratégique (par la localisation de l’usine dans une zone frontalière et étant une des très rares grandes multinationales restant dans le pays).

Pour légitimer le fait de rester sur place, certains responsables de Lafarge mettent en avant le fait que le Quai d’Orsay aurait demandé à l’entreprise de rester, étant donné les informations qui pouvaient être prodiguées par l’entreprise. Une version contestée par le ministère des Affaires étrangères. L’enquête est toujours en cours.

Daech entre en jeu

Entre fin 2012, début 2013, un nouveau groupe apparaît dans la région en provenance d’Irak. Il s’agit de Daech. En mars 2013, Raqqa (à 87 kilomètres au sud de la cimenterie) est prise par différents groupes islamistes, dont le Front Al-Nosra, qui prête allégeance à Al-Qaida et tombe donc sous le coup des sanctions du Conseil de Sécurité́ de l’ONU.

En octobre 2013, le Conseil européen confirme les sanctions à l’encontre de certaines entités terroristes, dont le Front Al-Nosra, Al-Qaida et Daech. À ce moment-là, Lafarge sait donc que tout contact avec ces groupes les expose à des sanctions internationales (et plus à un simple délit de corruption).

Au même moment, le directeur de la sécurité de l’usine demande son retour au siège se disant recherché par le régime, les groupes rebelles et Daech. Devant cette situation, Lafarge recrute un autre directeur de la sécurité, un Syrien non qualifié dans ce domaine, qui va interagir avec ces nouveaux acteurs locaux.

Les premiers paiements à Daech semblent intervenir à partir de novembre 2013, toujours par le même intermédiaire et avec l’intervention d’un second. Au-delà des paiements, c’est également des achats de pétrole et la vente de ciment au groupe terroriste qui seraient en cause.

La dernière période qui s’ouvre en 2014 va marquer un point de non-retour. En mars 2014, Daech envahit la ville de Manbji où résident la plupart des salariés de Lafarge et leurs familles (sur demande de Lafarge depuis 2012). Ces derniers poussent leurs familles à partir, sans l’aide réelle de l’entreprise.

En parallèle, d’un point de vue organisationnel, en mai 2014, le directeur de la filiale syrienne en poste en Égypte, est remplacé par un nouveau directeur. Ces changements nécessitent un temps d’ajustement, comme le montrent des travaux académiques, et sont souvent source de déperdition d’informations lors du transfert de connaissances entre les deux expatriés.

Dans une période normale, ces problèmes ne sont pas insurmontables, mais dans un contexte aussi conflictuel, la compréhension des enjeux géopolitiques locaux et internationaux était cruciale. Or, il semble à la lecture des témoignages du second dirigeant de la filiale et des comptes rendus d’une rencontre de celui-ci avec l’ambassade de France en Jordanie que cette compréhension ait été limitée.

Pendant l’été 2014, plusieurs attaques de Daech sont perpétrées contre des camions de l’usine. Le 15 août 2014, une résolution des Nations unies interdit toute relation financière avec les groupes terroristes présents en Syrie. Au même moment, de nouvelles sommes auraient été versées à Daech. Sur le site, la production est suspendue quelques jours puis reprend jusqu’à mi-septembre 2014. À cette date, Daech envahit l’usine sans que Lafarge ait mis en place un plan d’évacuation d’après les ex-salariés. Les locaux resteront occupés jusqu’à fin 2015, puis repris par la coalition.

Transfert de connaissance altéré

Il ressort de cette brève chronologie séquentielle qu’il serait beaucoup trop simpliste de réduire cette succession de décisions à une logique strictement économique (même si elle est bien entendu présente). Des logiques organisationnelles semblent avoir également joué. Tout d’abord, le groupe a pu tirer de la confiance d’une certaine « culture du risque » puisqu’il a déjà été présent dans d’autres zones sensibles, notamment en Afrique. Certaines pratiques, comme recours rapide à des intermédiaires pour réaliser les transactions financières, semblent en témoigner.

Par ailleurs, le choix des expatriés aux postes clés (direction de la filiale et de la sécurité notamment) et leur capacité à comprendre le contexte, surtout à distance, ainsi que leur sensibilité à l’éthique, ont pu aussi peser sur la décision de rester. En outre, le transfert de connaissance a pu être altéré dans la relation siège/filiale par les changements de personnel à ces mêmes postes clés, dans un lieu de conflit et où la situation politique, les groupes armés et les allégeances pouvaient changer de mois en mois.

Enfin, le respect de ses propres règles de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de ses engagements internationaux (l’entreprise avait signé les principes du Global Compact des Nations unies) apparaît comme un dernier élément important : est-ce que des garde-fous internes avaient été mis en place à différents niveaux pour évaluer la dangerosité ou la légalité des actions, comme annoncé ? Si oui, alors ceux-ci ne semblent pas avoir correctement fonctionné.

Il faut donc retenir que, dans cette affaire, les logiques internes de l’entreprise doivent être aussi observées à la lumière de la culture organisationnelle et pas uniquement au travers de la rationalité économique. Elles doivent surtout être repensées quand l’entreprise se retrouve en zone de conflit.

2 septembre 2021,

Nathalie Belhoste. Enseignant chercheur, Grenoble École de Management (GEM)

Actualité du risque – blocage du canal de Suez – Nouvelle illustration de l’élargissement du domaine de risque / de l’importance de suivre une à une les étapes de la démarche de gestion des risques / de la transversalité de la Fonction Risk Manager.

Rappel du blocage du canal de Suez par un porte-conteneurs. Lire article ci-dessous.

Elargissement du domaine de risques

Dresser l’histoire récente de la gestion des risques, nous a permis de mettre en évidence les évènements à l’origine de l’intérêt des entreprises pour la démarche de gestion des risques et de l’émergence de la Fonction Risk Manager.

L’élargissement du domaine du risque est un de ces facteurs : diversité des risques ; nouveaux risques ; nouvelles classifications de risques ; risques potentiels.

Aujourd’hui – si j’avais à écrire une nouvelle édition du notre ouvrage…. – j’insisterais sur l’interdépendance entre ces risques et leur effet domino.

Le canal de Suez bloqué par un porte-conteneurs en est une  illustration : risque supply-chain (logistique) qui va entraîner une hausse des prix des produits transportés (vrac, pétrole, EVP…), une dégradation des trésoreries…

La Gestion des Risques

Dans ce contexte de risques transverse, il me semble essentiel de revenir sur l’étape 2 de la démarche de gestion des risques – l’identification des risques passés, présents et émergents – et son principal outil – la cartographie des risques -.

Nicolas Dufour et moi avons consacré plusieurs pages de notre ouvrage commun à cette étape (p.128-136). https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html

Nous faisions trois remarques liminaires avant de développer les étapes, méthodes et outils.

« (1) En premier lieu, une question récurrente : gérer la cartographie des risques suppose de gérer des classes différentes. La cartographie et les référentiels de risques entourant ces différentes classes constituent-ils de vrais outils d’aide à la décision ? La réponse est oui, mais à la condition d’en faire un outil institutionnalisé et pas à la seule main du Risk Manager, expert du risque, qui gérerait cela en lieu et place des métiers.

(2) Peut-on vraiment suivre tous les risques dans une cartographie ? La réponse est non : une cartographie est souvent une photo à un instant T, elle est souvent lourde à construire, actualiser et faire valider…Car la cartographie des risques est aussi souvent un outil de traçage de constitution d’historique de sujets potentiels ou avérés à suivre dans le temps, nous préconisons davantage de faire une révision annuelle de chaque classe de risques en cartographie mais de suivre de manière dynamique un top 10 ou un top 30 tout au plus des risques prioritaires à piloter dans l’organisation…En somme, savoir prioriser, ne pas vouloir tout traiter, et ne pas rechercher une théorique exhaustivité est encore un premier exercice de lucidité pour le Risk Manager…

(3) Il existe désormais non pas une mais des cartographies des risques !…L’enjeu est donc désormais pour les entreprises de savoir gérer non pas une mais des cartographies de risque, avec des enjeux complémentaires et une véritable exigence de synthèse en vue de pouvoir présenter une cartographie tous risques à la gouvernance de l’entreprise, aussi appelé profil de risque consolidé/profil tous risques.

La Fonction Risk Manager

Nous écrivions également : « La journée du Risk Manager n’est jamais la même, il peut être confronté à des risques Ressources Humaines, à des risques de fraude, à des risques financiers, à des risques projets, à des risques stratégiques ou commerciaux sur lesquels des analyses de risque, expertises sont sollicitées.  Cette diversité rend la fonction passionnante mais montre la difficulté de la tâche.  La Fonction Risk Manager…est sûrement l’une des fonctions les plus transverses de l’entreprise. »

https://www.la-librairie-rh.com/livre-entreprise/la-fonction-risk-manager-fris.html

Le canal de Suez bloqué par un porte-conteneurs d’Evergreen

Publié le 24/03/2021

L’Ever Given, navire de 20 388 EVP et long de 400 mètres, s’est mis en travers du canal le mardi 23 mars au petit matin, bloquant la voie par laquelle transite 10 % du commerce mondial. Dans la matinée du 24 mars, le navire a été sorti du pétrin mais le canal restera bloqué tant qu’il n’aura pas été positionné ailleurs.

« Le porte-conteneurs s’est échoué accidentellement, probablement après avoir été frappé par une rafale de vent », a déclaré un porte-parole d’Evergreen, n° 7 mondial du conteneur. L’incident s’est produit dans la section sud, au km 151, non loin de l’entrée côté mer Rouge, alors que le navire en provenance d’Asie faisait route vers le nord avec Rotterdam comme prochaine escale. Des vents de plus de 50 km par heure et une tempête de sable ont été constatés ce jour-là autour du canal. Le navire s’est retrouvé complètement en travers avec sa proue enfoncée dans la rive est et sa poupe qui touche presque l’autre côté.

Livré en 2018, l’Ever Given appartient à l’armateur japonais Shoei Kisen, fidèle partenaire d’Evergreen qui lui affrète à long terme. Le navire est géré techniquement depuis Hong Kong par l’armateur allemand Bernhardt Schulte shipmanagement.

Déjà de nombreux retards 

Huit remorqueurs de l’Autorité du canal et de Svitzer ont été mobilisés pour essayer de remettre le navire en ordre de marche. Le spécialiste néerlandais Smit salvage a aussi dépêché une équipe sur place. Les autorités égyptiennes ont fermé le canal pour deux jours, ont-elles indiqué le 24 mars même si dans la soirée le transit des navires descendants (vers la mer Rouge) était de nouveau autorisé, avec probablement une attente dans le Grand lac Amer. Les remorqueurs ont réussi à remettre l’Ever Given en meilleure posture en fin de matinée du 24 mars.

Mais là où se trouve le navire, le trafic du canal restera bloqué tant que le porte-conteneurs n’aura pas été déplacé vers un site où il ne gênera pas le passage des convois. Des navires par dizaines sont en attente de pouvoir emprunter le canal de Suez, d’autres ont ralenti pour ne pas y arriver trop vite. Et même si le canal rouvre, il faudra plusieurs jours pour résorber le bouchon alors que la chaîne logistique Asie – Europe est déjà victime de nombreux retards (à lire également dans « le marin » hebdo du 25 mars).

Dans un communiqué destiné à ses clients, le n° 2 mondial du conteneur MSC reconnaît que « les principales compagnies maritimes ont été impactées par le blocage du navire « Ever Given » dans le canal de Suez, un axe majeur pour le commerce international. En tant qu’utilisateur régulier du canal, MSC surveille très attentivement la situation afin de mesurer l’impact sur la circulation de ses conteneurs et de pouvoir envisager des plans d’urgence de sa flotte ou de ses services en cas de besoin. Les clients de MSC dont l’expédition doit transiter par le canal dans les jours à venir doivent se préparer à d’éventuels changements de programme ».

75 incidents en dix ans

L’année dernière, 18 829 navires ont emprunté le canal, selon l’Autorité du canal de Suez (SCA), rapportant à l’Égypte 5,61 milliards de dollars de recettes. Cela représente 51 navires par jour en moyenne. Des échouements se produisent régulièrement mais sont généralement réglés en quelques heures, sans perturber la circulation. Cet incident est le plus grave depuis juillet 2018 quand trois vraquiers et deux porte-conteneurs avaient été mêlés à une collision, interrompant la circulation sur la section sud. Jamais un navire de cette taille ne s’était encore échoué sur le canal en plus de 150 ans de navigation à Suez.

Au total, selon l’assureur Allianz global corporate & speciality, 75 incidents de navigation, dont 25 échouements et 21 pannes de machine, ont été signalés dans le canal au cours de la dernière décennie. Plus d’un tiers (28) impliquaient des porte-conteneurs. Entre 2013 et 2016, il y avait une moyenne de 12 incidents de navigation par an, mais les chiffres ont diminué depuis. La moyenne sur 10 ans est de 8 incidents par an. Une seule perte totale d’un navire a été signalée dans le canal de Suez au cours de la dernière décennie, en 2010. La perte totale dans le canal de Suez était un cargo appelé Maryam qui a coulé après avoir chargé du bitume.

Le hasard fait qu’un autre incident s’est produit aussi le même jour, dans le golfe de Suez. En cause cette fois, selon l’agence russe Interfax, une collision entre un pétrolier militaire russe de la flotte baltique, le Kola, qui revenait d’un exercice au Soudan, et un vraquier de 47 000 tpl sous pavillon de la Barbade, l’Ark Royal.

Thibaud TEILLARD